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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXXI. zzf

Qu e l qu e s Villes de Hollande & de Zéelande faiíòieht paroître beau- .. . ■

coup d’aigreur contre l’Angleterre. Après le traité de Breda, elles ne 1668.voulurent point échanger les ratifications , que le Roi d’Angleterre D'Estrades ,n’eût déclaré par des Lettres Patentes , que les Païs & Places qu’ils s -avoient occupé pendant la guerre leur resteroient, si elles n’étoient re-prises avant le vingtième mai mille six cent soixante-fept. Les Etatsavoient détaché une Frégate pour porter cette Patente & la copie dutraité de Breda au Gouverneur de Surate. Mylord d’Ulby arriva fur laCôte avec cinq navires ; on lui envoïa les ordres du Roi son Maître ; il 1

11e voulut pas y déférer , fit faire la descente , attaqua le Fort, le prit,se rendit Maître du Païs, pilla toutes les habitations & brûla tous lesmoulins à sucre. Ces nouvelles n’étoient arrivées què cette année , & onvenoit de faire partir sept vaisseaux, avec ordre de ne faire aucun quar-tier aux Anglois.

C’est dans ces conjonctures, disoitMr. d’Estradès, qu’on avance- „ Ib.pag.roit bien les affaires auprès de ces Peuples , si on étoit averti des „intentions du Roi. Je vois peu de jour , écrivoit-il encore , à faire „réussir la pensée de Mr. de Wit, à moins que le Roi ne convienne „de la forme du salut ; car la Flotte des Etats est en mer , & l’Amiral „a ordre de ne baisser le Pavillon pour quelque Roi que ce soit, à „moins qu’il ne soit assuré qu’on lui rendra le salut. Ce feroit l’uni- „que moïen de rompre la triple Alliance , qui aura plus de suites qu’on „ne croit peut - être. Je fuis certain , continiioit-il , que le Pension- „naire, pour son propre intérêt , fera tout ce qui dépendra de lui „pour attacher cet Etat à la France ; mais il n’est pas en son pouvoir „de dissiper les cabales d’Angleterre & de la Maison d’Orange, tandis „que des prétentions qui touchent au cœur ces Peuples subsisteront. „

Si les Etats affermissent cette triple ligue & attirent d’autres Alliés, „le parti fera si fort qu’on ne pourra plus le rompre ; mais si on con- „venoit avec les Etats de partager la Flandre, ou de l’obliger de fe met- „tre en République au cas de la mort du Roi d’Efpagne , & qu’on fe „liát de nouveau avec eux contre les prétentions du Roi d’Angleterre, „je ne doute pas qu’on ne renversât cette triple Alliance, & que l’on „n’ôtát tous les ombrages de leur esprit, qui y naîtront toujours tan- „dis que la cause subsistera “.

Les propositions du Pensionnaire, les raisons dont l’Ambassadeur les Elle est refu*appuïoit furent reçues avec beaucoup de froideur. La triple Alliance ^' c / erc tmuavoit été renouvellée, on en fût indigné, & le Comte d’Estrades fût ^.pag. *38."rappellé peu de tems après. Ce renouvellement d’Alliance avoit pour D’Estrades,motif, de maintenir la paix d’Aix la Chapelle & de fe déclarer contre tom.%.îag.celui qui la romproit. Ainsi pris à la lettre, il n’ostènsoit personne, & î8l ‘marquoit même une grande neutralité entre les deux Couronnes ; maisil étoit aisé de voir qu’il étoit directement contre la France , parce quel’Efpagne n’étoit pas en état de s’aggrandir, au-lieu que la France pou-voit le faire , & croioit être en droit de l’entreprendre. D’ailleurs les Hol-

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