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Tome troisieme.
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HISTOIRE

*——— landois e'toíent les auteurs de tous ces mouvemens. Pour gagner les1668. Suédois, ils leur avoient promis de leur païer chaque année les douzecent mille livres qu’ils tiroient auparavant de la France. Ces démarchesfurent prises pour des offenses , & pour l’eff’et d’une ingratitude extrê-me. • Auííì Louis en conserva dans son cœur un grand désir de vengean*ce. Tous ceux qui l’approchoient, sur-tout le Marquis de Louvois Sé-crétaire d’Etat de la guerre , surent si bien nourrir ce désir, qu’il écla-ta trois ou quatre ans après.

La Hollande Toute la France a parlé comme la Cour au sujet des Hollandois.gratitude. n " ^ ous l es Ecrivains François se sont accordés à la condamner, & ont ap-plaudi de concert à la vengeance qu’on en tira. II y avoit pourtant biendes réflexions à faire, capables d’empêcher cette condamnation & cesapplaudissemens. Sans remonter au commencement de cette Républi-que, & aux secours qu’elle avoit reçus de la France pour se former,& qu’elle continua d’en recevoir, jusqu’à la paix de Munster, que sesanciens Maîtres la reconnurent pour indépendante, on peut examinerce qui fe passa depuis le traité de mille six cent soixante-deux. Tous lesgriefs, vrais ou prétendus, avoient été mis en oubli par ce traité ; & c’eftce qui est arrivé depuis cette Epoque , qui doit faire le fonds de cetteespèce de procès.

Justifiée, l a République fût forcée d’entrer en guerre avec PAngleterre ; l’E-

vêque de Munster fe jetta en même tems fur ses Provinces ; elle de-manda à la France l’exécution de ses engagemens. Quelle peine n’eût-elle pas à l’obtenir en partie ? Ne dût-elìe pas sentir qu’on ne la secou-roit contre l’Evêque de Munster , que parce qu’intéressé à sa conserva-tion on ne vouloit pas la laisser périr ? Elle fit feule la.guerre à l’Angle-terre ; la Flotte Françoise se prépara toujours sans être jamais prête,que lorsqu’on n’en avoit plus besoin ; tout le tems se passa à concerterla jonction, qui ne devoit point se faire ; pas un seul vaisseau , pas unseul brûlot ne joignit la Flotte des Etats ; seuls ils eurent toute la gloi-re & portèrent toute la perte des furieux combats qui fe donnèrent.

Cette guerre n’étoit pas encore finie , lorsqu’en France on jugea àpropos d’attaquer les Païs-Bas. On fit exposer ses prétentions auxProvinces-Unies, & quelques-unes des raisons dont on vouloir les ap-puïer ; on les sonda pour découvrir leurs sentimens, & ce qu’on devoiten espérer ou en craindre ; elles ne dissimulèrent point leurs inquiétu-des , proposèrent les moïens dont on pourroit les calmer, & déclarè-rent distinctement que le voisinage de la France étoit incompatible avecleur tranquillité. On n’entra dans aucune de leurs vûës ; on fe plai-gnit de leur défiance , on la leur reprocha. Cependant pour les calmer,on les assura qu’on ne feroit rien que de concert avec eux ; & tout d’uncoup on entra dans la Flandre par deux endroits, fans les en avertirque lorsqu’on étoit en marche. Ce que firent les Armées, &, peut-êtreencore plus, ce qu’elles auroient pû faire , redoublèrent leurs fraïeurs.Un Prince victorieux, qui fe déclarait héritier de la Monarchie d’Ef-

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