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Tome troisieme.
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DE LOUIS XI Y. LIV. XXXI.

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pagne & de tous ses droits, malgré les sermens qu’il avoit faits de n’ypoint prétendre, ne devoit-il pas les allarmer ? Devoient-ils s’en fier àses promesses ? Les Etats firent ce qu’ils purent pour conjurer la tem-pête; ils en vinrent à bout contre toute apparence; ils surent paroîtreplus redoutables qu’ils n’étoient en effet; où est l’ingratitude ? Le pé-ril étant passé ils cherchent à se rapprocher ; on ne les écoute pas ; ilsprennent parti ailleurs, précisément pour que la paix, qui fait leur sû-reté , ne soit point violée ; en quoi ont-ils tort ?

Suppose' même que leurs avances ne fussent que des feintes, &qu’en proposant une ligue contre l’Angleterre, ils n’eussent pour but quede mettre un obstacle à la réconciliation de ces deux Couronnes, qu’ilsavoient st fort sujet d’appréhender, auroient-ils été inexcusables ? LaFrance avoit négligé les Suédois, ils profitèrent de leur mécontente-ment pour lè les attacher ; firent-ils mal ? Quelqu’éclairé , quelqu’habileque fût le Ministère, avoit-il pû se flatter qu’il imposeroit aux meil-leures têtes de cette République , jusqu’à les engager de voir tranquille-ment & contribuer même qu’il se fit un chemin pour les assujettir quandil lui plairoit? La gratitude pour les services passés demandoit-elle cettecomplaisance, qui auroit pû les perdre? En fait de conservation d’unEtat, on doit oublier tous les services & toutes les injures ; l’ami estcelui-là seul qui empêche qu’on ne périsse & qui préserve du dangerqu’on a raison de craindre.

D u reste tous ceux qui eurent part au traité d’Aix la Chapelle, fu-rent trompés fur le choix de Palternative. Ils ne connurent point ceque c’étoit que les dépendances, gouvernances & appartenances desVilles conquises. La France par ce choix étoit proprement maîtressedes Païs-Bas, & du commerce, ne pouvant y en avoir qu’on ne passâtpar quelqu’une de ces Villes , qu’on avoit imprudemment cédées.Malgré ces inconvéniens, dit le Marquis de Montglat en finissant ses Mé- „moires, les choses demeurèrent ainíì, & cette paix continuera tant que „durera la triple Alliance , laquelle tient la France en bride, qui est feu- „le en état de la rompre & d’avoir des desseins pour s’aggrandir

Q_u elq.u’a vantageuse que fût cette guerre à la France, on peutdire qu’elle y perdit beaucoup plus qu’elie n’y gagna. Elle n’eût presqueplus d’Alliés ; le Portugal, la Suède, l’Angleterre, le Dannemark, la Hol-lande se réconcilièrent avec l’Espagne, ou prirent une ferme résolutionde la défendre si elle étoit attaquée. Les Princes Allemands seuls persis-tèrent dans l’Alliance du Roi très-Chrétien; encore n’étoit-ce que pourle maintien de la paix de Westphalie, étant déterminés pour la plû-part à ne pas souffrir qu’il s’étendît d’avantage dans les Païs-Bas. Cetabandon ne fit que piquer ce Prince, comme nous le verrons dans lafuite; & s’il est vrai, comme le prétend l’Auteur du Testament Politi-que de Air. Colbert,. que le Marquis de Louvois Sécrétaire d’Etat eûtconseillé cette expédition pour donner à son Emploi l’agrément qu’ilpouvoit avoir , il réussit parfaitement.

lomé 111. U u Les

1668 .

La paix d’Airplus avanta-geuse à laFrance queles Espagnolsne l’avoientcrû.

Tom. 4 . pag.ì'9-

Elle y perdplus qu’ellen’y gagne.

Pag. aoy,