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HISTOIRE
1668»Elle n’estpoint vertu sielle est ex-cessive.
On suppli-que à rendreParis fur &commode.
t VoïezleN°. LUI.t Voïez leN°, L1V.
On nepeutguères nier que la magnificence ne convienne à un Prin-ce , & qu’elle ne serve à lui attirer le respect de. ses sujets & des étran-gers ; mais elle ne doit point être excessive ; elle doit , du-moins , êtreproportionnée aux besoins publics, & c’est un contralte affreux , quede voir la plus grande partie d’un Peuple, livré aux horreurs de la mi-sère & de la pauvreté, tandis que son Souverain, qui doit avoir pourlui les sentimens d’un père, nage dans les délices & dans une abondan-ce excessive. La modestie, une épargne honnête , la frugalité , con-viennent à tous, aux Princes plus qu’aux autres, qui doivent à leurssujets ces sortes d’exemples ; & nous ne voïons point que Charles dou-ze Roi de Suède , son père, & son aïeul, aïent été moins respectés deleurs peuples , moins redoutés de leurs voisins, pour avoir méprisé cevain extérieur.
Paris se ressentit des soins L de la magnificence de son Souverain.Le pavé de cette grande Ville avoit été négligé depuis long-tems, ilétoit rompu en plusieurs endroits, les ruisseaux des rues étoient tropcreux & n’avoient pas assez de pente pour récoulement des eaux ; cequi causoit beaucoup de difficultés pour les voitures, & une saleté trèsincommode & très mal-saine. Toute la Ville fût réparée, & le travailfût si bien conduit, que pour la propreté & la commodité elle l’emporteà présent sur la plûpart des Villes de l’Europe. Sa vaste étendue, & lamultitude innombrable du peuple qui l’habite , failòient trouver de gran-des difficultés à y maintenir l’ordre ; les vols y étoient fort fréquens,la nuit sur-tout il n’étoit pas sûr d’y marcher. On établit un Magistratparticulier sous le nom de Lieutenant-général de Police, dont la fonc-tion étoit à-peu-près la même que celle des Censeurs Romains. Souslui étoient plusieurs Commissaires, répandus en différens quartiers , quis’appliquoient à connoître ce qui s’y passoit; pendant la nuit les rues Fu-rent si bien éclairées , qu’à toute heure on pouvoit y marcher sûrement& commodément. On jugea à propos de frapper des Médailles pourperpétuer le souvenir de ces attentions, si dignes d’un grand Roi.
La prémière réprésente une femme debout fur un terrein fort uni.Elle tient de la main droite un niveau , pour marquer qu’on a applani.& dressé les rues; elle appuie fa gauche fur une petite roue, qui ré-présente la facilité du charroi. La Légende, Urbs novo lapideS t r a t a , signifie , la Pille de Paris pavée de neuf. L’Exergue marquela date. f
D an s la seconde, t on voit la Ville de Paris debout fur un pavé uni.La lumière, qu’elle tient d une main , & qui jette une grande clarté,marque le nombre infini de lumières, qu’on allume toutes les nuits dansles rues. De l’autre main elle tient une bourse, ce qui désigne la sû-reté , avec laquelle on peut marcher la nuit comme le jour. La Légende,Urbis Securitas et nitor , signifie , la sûrete la netteté dePans. A TExergue est la date.
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