DE LOUIS XIV. LIV. XXXI. 341
Dans une autre on voit Hercule , la massue sur l’e'paule. La Légen- n
de,ADSERTOR SECURITATIS PUBLICiE, veut (lire , k Protec - 1668.teur de la sûreté publique. L’Exergue marque la date. f f Voïez le
La paix n’éteignit point l’ardeur guerrière de la Noblesse Françoise. N°. LV.
A peine fût-elle publiée, que le Comte de la Feûillade , qui s’étoit 11 - ^" s ^° r ‘ s efort distingué à la bataille du Raab contre les Turcs, demanda & obtint aux^Véni-la permission d’aller se jetter dans Candie, dont ces Infidèles faisoient tiens,le liège depuis plusieurs mois. II assembla deux cent Gentilshommes qui Mémoiress’étoient offerts de suivre son exemple, & quatre cent soldats. Le Com- ^st.^ndré.te de St. Fol, le Duc de Cháteau-Thierry furent de cette expédition. Montbru»,Ils arrivèrent dans cette Isle au mois d’octobre ; ils se signalèrent en Edition dequantité d’occafions, & contribuèrent beaucoup à retarder la prise de cet- p s ™ l6 "’te Place. Le Duc de Navailles avoit eu le même dessein, & s’étoit of■■ Vo»*.
sert de lever un Régiment de deux mille hommes ; il fût refusé , mais on 1. pag. 291.lui fut gré de son offre. Tout ce qui entretenoit Pémulation dans lestroupes, tout cequi pouvoit servir à étendre la réputation du nom Fran-çois étoit du goût du Prince ; on étoit sûr de lui plaire lorsqu’onsavoitflatter son inclination.
Le Maréchal de Turenne a eu trop de part à la gloire de ce Règne, Le Vicomtepour qu’on ne parle pas du-moins de ses principales démarches. Ce âe 'Lurenoen’étoit qu’avec peine que son Souverain le voioit d’une autre Religion j? at °*que la sienne. II lui en avoit parlé quelques-fois, mais d’une manière Turenne ,qui ne pouvoit ni le gêner, ni lui faire peine, marquant toûjours qu’il r->m.étoit fl persuadé de sa probité, de son attachement sincère pour sa per- l61 *sonne & pour son Etat, que cette différence ne lui inspiroit aucun soup-çon , & ne l’empêcheroit jamais de le regarder comme l’homme de sonRoïaume à qui il devoit plus de reconnoissance & de confiance.
Des discours si obligeans, soûtenus des instances de fa famille, & par-ticulièrement de celles de son neveu le Cardinal de Bouillon , qu’il esti-moit beaucoup , ébranlèrent le Vicomte, & lui firent naître l’envie des’instruire plus à fonds qu’il ne l’étoit. Tandis que son épouse vécut, letendre amour qu’il avoit pour elle, la crainte de la chagriner, le retin-rent dans ses prémiers engagemens ; ce ne fût qu’après fa mort que ren-du à lui-même , il chercha à se délivrer de ses inquiétudes. Dès le temsde la paix des Pyrénées , il avoit commencé à se sentir ébranlé.
Le commerce qu’il avoit eu avec les Anglois, les récits qu’ils lui avoientfàits de la multitude de Sectes qui les divifoient, l’avoient extrêmementfrappé. „ On voit, disoit-il, que par trop d’indépendance d’esprit, „ ^ ïg ^quoiqu’avec du bon-sens & de la dévotion peut-être, on a fl-fort dé- „ s ‘flguré la Religion, que chaque personne fait une Secte à sa mode “
Il donna tout entier, le loisir que la paix lui procura , à l’étude de laReligion , qu’il se reprochent depuis long-tems de n’avoir point appro-fondie. II vit souvent le célèbre Abbé Bossuet, depuis Evêque de Meaux ;il comprit par ses entretiens , que l’eiprit humain, incapable de fe fixerpar lui-même , & de répondre à tous ses doutes, doit fe soûmettre ; que
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