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Tome troisieme.
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H I S T O I R E

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Tottt. i> pag.54 **

Loiils domi-né par l’a-mour.

II s’attacheà une person-ne mariée.

tout Législateur sage doit établir un Interprète sûr pour fixer l’intelli-gence de sa Loi ; que sans cette subordination, au-lieu de la paix ellene produiroit que de la confusion & du désordre , que chacun le livre àla main disputeroit de son sens, l’interprêteroit à fa façon, & se feroitune Religion à sa fantaisie. Persuadé par ces raisonnemens, qui lui pa-rurent démonstratifs, il fit son abjuration entre les mains de l’Archevê-que de Paris, & soutint cette démarche le reste de fa vie par une con-duite qui dût confondre la plûpart des anciens Catholiques.

Les Protestans furent extrêmement sensibles à cette conquête de l’E-glise Romaine ; ils tâchèrent de s’en consoler en l’attribûant à des mo-tifs humains. Ce grand homme ne fouhaitoit pourtant rien, ni pour fafortune , ni pour fa gloire ; on ne vit point que ce changement lui atti-rât de nouveaux titres d’honneur & de nouvelles marques de faveur &de confiance. Ces réflexions , & son caractère solide auroient dû lemettre à couvert de ces soupçons avancés fans aucune preuve.

D e Larrey en parle plus raisonnablement, faisant entendre qu’il étoítplus difficile, que ce Seigneur, fans étude comme il étoit, pût résisterà d’auffi habiles gens qu’étoient les Pères de l’Oratoire , & que la feulerésolution de conférer avec eux avoit annoncé sa défaite & son change-ment. II ajoute , qu’on fût pourtant étonné de le voir arriver toutd’un coup, & sans qu’il en rendît aucune raison. Cet Ecrivain vouloit-il que le Maréchal de Turenne fît un Livre ? Sa réputation d’intégri-té, auffi-bien établie que celle de fa bravoure & de son habileté dansla conduite d’une Armée, n’apprenoit-elle pas à toute PEurope qu’il n’a-voit embrassé la Religion Romaine que parce qu’il l’avoit crû la plusvraie ? & son changement étoit-il décisif ?

T o ute la France applaudit à cette conversion , ou, si l’on veut, à cechangement ; la Cour , sor-tout , qui avoit de grands desseins contre lesRéformés, fût charmée qu’ils n’eussent plus l’espérance d’avoir à leurtête un homme de cette considération ; car plus on connoissoit fa pro-bité , plus on avoit sujet de craindre que l’amour & le zèle pour sa Re-ligion ne le portât à la défendre.

Tandis que tout plioit sous la puissance du Prince, lui-même s’aban-donnoit à d’étranges foiblesses, & causoit à la Reine son Epouse deschagrins mortels. Dégoûté de la Valière , qu’il avoit sincèrement ai-mée , & dont il avoit eu deux enfans, il chercha à s’attacher ailleurs.La Princesse de Monaco lui plût ; mais engagée, à ce qu’on a prétenduau Comte de Lauzun , elle ne répondit point à ses empressemens. IIs’adressa ensuite à Mademoiselle d’Armagnac, qui fière de sa vertu &de sa naissance, reçut avec hauteur quelque liberté qui marquoit de lapassion, jusqu’à lui dire, que s’il n’étoit pas son Roi , il auroit éprou-vé ion ressentiment.

M a d a m e de Montefpan étoit une des Dames de la Reine. Sa beautéétoit des plus régulières & des plus piquantes. Si on en croit la médisance »jamais elle n’avoit été d’humeur à négliger de faire des conquêtes ; on

assure