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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXXII. 547

lui ajouta, pour réprimer un commencement de colère, qu’il feroit bien . .

de demeurer en repos, & sur-tout, de ne pas suivre les conseils qu’on r/c/r 0lui donnoit.

Malgré' cet avis, donné d’un ton de Maître, de l’avis de son ConseilMonsieur prit des airs fiers avec le Roi. Ce fût un motif pressant defaire arrêter ce favori, qui paroissoit vouloir renouveller les scènes PieGaston avoit données. Le Comte d’Ayen , depuis Duc de Noailles ,

Capitaine des Gardes, eût ordre de s’en assûrer ; il l’exécuta lors mê- Montpmfíer,me que le Chevalier de Lorraine étoit enfermé avec Monsieur, l’aïant tom. s. pag.fait demander pour lui dire un mot. 11 fût conduit à Lion & mis au Chá- îo -teau de Pierre-Encise , d’où bientôt après il fût transféré au Châteaud’If, & gardé avec une extrême rigueur. Le Duc d’Orléans outré decet enlèvement fait presque sous ses yeux , partit fur le champ de St.

Germain, emmena avec lui son Epouse, & se retira à Vilers-Coterets. II seplaignit hautement à Paris, disant qu’il ne pouvoit plus demeurer à la Cour ;qu’il avoit toûjours vécu avec le Roi d'une manière qui devoit le met-tre à couvert d’un traitement pareil à celui qu’il venoit de recevoir.

C e t t e affaire fit de l’éclat ; le Roi crut devoir se justifier. II raconta lbìd.$ag.%<>.que ce Chevalier, sachant qu’il lui étoit suspect:, l’étoit venu trouver ,

& l’avoit assuré que Monsieur étoit un bon homme, & que jamais il neferoit rien qui pût déplaire, pourvû qu’on le traitât honnêtement ; ajou-tant , qu’il en étoit garant, & qu’il consentoit qu’on s’en prît à lui, sice Prince manquoit en quoi que ce pût être. Croïoit-il qu’on pût se re-poser des sentimens & cî’une conduite si intéressante fur un répondantde son caractère ? & quand on l’eût fait arrêter après un compliment sidéplacé & si imprudent, auroit-on eu tort ?

A cette justification , on ajouta des soins réels pour étouffer ce com- ibid. ■pag.wmencement de discorde. Colbert fût envoïé à Vilers-Coterets; son pré-mier voïage fût inutile, il réussit enfin. Monsieur & Madame après quel-ques semaines d’absence revinrent à la Cour. Quoique cette Prin-cesse eût paru sensible à la peine , que la prison du Chevalier de Lor-raine causoit à Monsieur, & qu’elle eût dit tout ce qui le pouvoit per-suader qu’elle n’y avoit point de part, ils s’en prit à elle, & ce fûten-tr’eux une occasion de fréquens démêlés. Ils en eurent de violens. LaPrincesse s’entendit reprocher les fautes qu’on disoit lui avoir pardon-nées ; c’étoient ses galanteries avec le Comte de Guiche. On dit pu-bliquement qu’on ne l’avoit aimé que les quinze premiers jours de sonmariage. Outrée de ces reproches & de ces discours désobligeans, el-le répondoit à-peu-près fur le même ton, & laissoit entrevoir plus demépris que de colère. La Reine s’entremit inutilement de faire la paix,les explications ne finirent point. Le Chevalier de Lorraine fût délivréde fa prison & envoïé en Italie. Cet adoucissement rétablit le calme,

& fût plus efficace que toutes les raisons qui auroient dû empêcher cesquérelles d’éclat. C’est la feule occasion où le Duc d’Orléans fit paroî-tre quelque mécontentement. Jusqu’alors, comme il le fit constamment

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