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Tome troisieme.
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HISTOIRE

1670.

Portraic deson Amant.Ibid.

Elle s’apperqoit qu’elleaime lors-que soncœur esttout-à-faitpris.

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! Elle aimoit la conversation du Comte de Lauzun, sans qu’il luiparût rien de fixe dans la tête. Ce Comte étoit un homme de condi-tion , bien-fait, infiniment spirituel, sage, généreux, poli, que les plusbelles Dames s’étoient disputées pendant fa première jeunesse, alors fa-vori du Souverain , qui le combloit de grâces & l’avoit fait depuis peuCapitaine d’une Compagnie des Gardes du Corps. C’est Mademoisellequi le dépeint ainfi , en assurant que c’est l’équité feule qui la fait parler,& que tout le monde, jufqu’aux ennemis de ce Seigneur, en pensoientcomme elle.

Afre's avoir passé un tems considérable dans ces agitations qu’ellen’avoit point encore éprouvées, elle voulut rentrer en elle-méme poury démêler ce qui lui taisoit du plaisir & ce qui lui caufoit de la peine.Elle connut que le désir secret d’une autre situation troubloit son repos ;qu’elle seroit plus heureuse si elle se marioit ; qu’en faisant la fortune dequelqu’un & lui donnant de grands établissemens , il lui en sauroit gré ;qu’il en seroit touché ; qu’il auroit de l’amitié pour elle & s’étudieroit àfaire tout ce quipourroit lui plaire. Que julqu’alors on luiavoit proposéde grands établissemens, qui l’auroient élevée & ne l’auroient pas rendue'plus heureuse ; qu’elle ne le pouvoit être que par la considération qu’elleauroit pour une personne qui eût de l’amitié pour elle. Que ses héri-tiers regardoient son bien comme le leur , & ne pouvoient rien tant sou-haiter que sa mort afin d’en jouir. En un mot, elle vit, que de tousles partis qu’elle pouvoit prendre, le mariage étoit le seul qui pouvoitlui donner du repos, par le choix de quelqu’un à qui elle pût faireune assez grande fortune, pour qu’il en dût être pénétré le reste de favie.

Eclairée par ces réflexions, elle comprit que ses inquiétudes n’a-voient pas été aussi vagues qu’elle l’avoit cru. Elle conçut que le mérite ,qu’elle a volt trouvé dans Mr. de Lauzun , que les distinctions de fa con-duite par rapport à celle des autres, l’élévation d’ame qu’il avoit au-dessus du commun des hommes, l’agrément de fa conversation & d’unmillion de singularités qu’elle lui connoissoit , dévoient lui faire sentirqu’il étoit Punique homme capable de soûtenir la grandeur qu’elle luimettroitsur la tête, & la seule personne digne de son choix. Autres ré-flexions. Elle concevoit qu’elle n’avoit jamais reçu de marques d’amitiéde personne ; qu’il y avoit pourtant du plaisir d’être aimée ; que ceplaisir devoit être des plus sensibles, & qu’il y avoit beaucoup d’agré-ment de pouvoir vivre avec un parfait honnête homme, qu’elle regar-derait comme un ami pénétré de tout ce qui lui seroit du plaisir ou dela peine , avec lequel elle commençoit à s’appercevoir qu’elle prenoitplus de soût de s’entretenir, qu’elle n’avoit eu jusques - là avec personnedu monde.

„ Ainsi, dit-elle, je vis bien en moi-même que les sujets denies„ joies venoient du plaisir que j’avois de converser avec lui ; & le peu„ d’application que j’avois à toutes mes autres affaires, le dégoût que

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