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Tome troisieme.
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HISTOIRE

1670.à son des-sein.

Montpenjìer ,tom. 6 . pag.

12;.

Elle envoieau Roi uneDéputation.Jb. pag. 129.

Elle obtientee qu’ellesouhaite.

Ib. pag. 157.

LeDíicd’Or-léans s’y op-pose avec ti-ne grande vi-vacité.

IbicL

Elle se croîttrop assuréede son bon-heur.

Jbid. pag .344. &c.

Intrigues duDuc d’Or-léans pour lelui enlever.Ib. pag. 14s.

380

étoit d’âge à savoir ce qui lui convenoit, qu’on seroit fort fâché de lacontraindre le moins du monde, & qu’en quelque condition qu’elle fût onPettimeroit & on l’aimeroit toujours; qu’enfìn,on ne lui confeilloit, nidéfendoit cette affaire ; mais qu’on la prioit d’y réfléchir encore avant quede la terminer. Le Roi ajouta, „ j’ai un autre avis à vous donner ;,, vous devez tenir vôtre dessein secret jusqu’à ce que- vous foïez déter-„ minée. Bien des gens s’en doutent; les Ministres rn’en ont parlé;„ Mr. de Lauzun a des ennemis, prenez là-deífus vos mesures ".

Le respect obligea de différer quelques jours à renouveller ses ins-tances. 11 fut arrêté qu’on seroit au Roi une espèce de Députation. LesDucs de Créqui, de Montauzier, le Maréchal d’Albret, Mr. de Guitri,fentoient, comme ils dévoient, Phonneur que faifoit Mademoiselle à laNoblesse Françoise ; ils se chargèrent volontiers de la commission.

Aïant obtenu Audience , ils furent introduits au Conseil. LeRoi, après les avoir écoutés, répondit , que Mademoiselle lui avoitdéjà parlé à ce sujet, qu’il P avoit conseillé comme un père auroit pûfaire , que puisqu’elle y étoit déterminée il ne pouvoit pas refuser d’yconsentir, sur-tout aïant permis à la sœur de Mademoiselle d’épouserle Duc de Guise.

Le Duc d’Orléans avoit étéappellé à ce Conseil. Ce Prince n’ai-moit pas le Comte de Lauzun ; il étoit choqué au dernier point du re-fus qu’avoit fait Mademoiselle de devenir son Epouse pour se donner à ceComte ; il s’emporta fort fur la différence des qualités du Duc de Guise& du Comte de Lauzun. Le Roi lui répliqua qu’il n’en trouvoit aucu-ne ; que fi par l’amitié qu’il avoit pour les étrangers il y en mettoit,qu’il n’en faifoit pas de même, & qu’il étoit obligé de soutenir les Gran-deurs de son Roïaume. Dites que c’eft vous qui avez fait cette affaire,répondit le Duc d’Orléans, & que vous êtes obligé de soutenir ce quevous avez fait.

Cette opposition si marquée fût inutile pour ce moment; mais lesdeux Amans, pour leur malheur, n’y firent point aflèz d’attention ; au-lieu de fe marier dès que la permission de le faire leur avoit été accordée,fur les raisons du monde les plus frivoles, par exemple, qu’on diroit qu’ilsétoient bien pressés, ils différèrent trois ou quatre jours, malgré les con-seils de tous leurs amis. Ceux qui par jalousie, ou par avidité s’oppo-soient à leur bonheur, mirent leur négligence à profit. Le Duc d’Or-léans , qui regardoit ce mariage comme un affront que lui faifoit Made-moiselle , remua ciel & terre pour le traverser. La Reine, le Prince deCondé , quelques-uns des Ministres apparemment, le secondèrent.

On commença par assûrer le Roi, que Mademoiselle publioit par-tout que c’étoit pour lui plaire qu’elle épousoit Mr. de Lauzun, & qu’encette affaire elle ne faifoit que suivre ses conseils. Ce Prince parut fâché& ajouter quelque foi à ces rapports. Mademoiselle instruite par le Ducde Montauzier , demanda la permission de pouvoir entrer au Conseil ; elley fût appellée & y parla avec une grande vivacité & beaucoup d’éloquen-

ce ;