Band 
Tome troisieme.
JPEG-Download
 

DE LOUIS XIV. L I V. - X X X 11. ?Si

ce ; elle assura , que ceux qui avoient dit au Duc d’Orléans ce qu’il avoit *rapporté à Sa Majesté étoient des menteurs , qu’il n’y avoit personneau monde qui osât lui soutenir qu’elle eût tenu de pareils discours ; queC Monsieur nommoit ses auteurs, elle feroit sûrement connoître qu’ilsétoient des imposteurs.

Elle s’attacha ensuite à dévélopper les motifs qui faisoient naître cesintrigues. „ Vôtre Majesté est juste & pénétrante, ajouta cette Prin- „cesse , elle fait bien qu’on ne lui a pas fait les mêmes peines fur le ma- „âge de ma sœur, parce que Mr. de Guise n’a ni astez d’efprit ni as- „fez de mérite pour s’attirer des envieux. Ce font ceux qui sentent „leur peu de mérite, & qui en connoissent beaucoup à Mr. de Eau- ,>zun , qui le voudroient empêcher d’être en état de pouvoir servir aussi „utilement Vôtre Majesté que les ayeux de Mr. de Guise ont desservi „la France ; & je crois qu’elle n’ignore point que si Dieu n’y eût pas „jnis la main, elle n’auroit pas le Roïaume qu’elle possède. Je fuis en- „core obligée de dire à Vôtre Majesté , qu’elle doit savoir, que tous les ,„Princes étrangers qui font établis en France, ont déserté leur Pais par- „ce qu’ils y mouraient de faim, & qu’ils ont avec cela assez de vanité ,, „pour prétendre ne tenir leur grandeur que d’eux-mêmes ; fans faire ré- „flexion qu’il ne faut qu’une Compagnie de vos Gardes pour chasser „de ses Etats le Duc de Lorraine leur Chef ; & cependant ces petits „Princes veulent s’élever au-dessus des plus grands Seigueurs de vôtre „Roïaume “. La réponse fût favorable. La Princesse en triompha , &sa joïe fût si grande, qu’elle ne pensa point aux nouvelles tentatives queses ennemis feraient pour la changer en pleurs. Cependant comme ellefût avertie de tous côtés de la violence des cabales, qui alloient, disoitMadame de Colbert, jusqu’à vouloir faire périr le Comte de Lauzun,si on ne pouvoit autrement empêcher son bonheur, elle fixa le jour deson mariage au deux de décembre.

La veille sur les huit heures & demie du soir, on vint l’avertir dela part d u Roi de l’aller trouver & de monter droit à fa chambre. CePrince lui dit, qu’il étoit au désespoir de ce qu’il alloit lui dire; qu’onavoit établi dans le monde qu’il la facrifioit pour faire la fortune de Mr.de Lauzun ; que cela lui feroit tort dans les païs étrangers, & qu’ainsiil ne devoit pas souffrir que cette affaire s’achevât. „ J’avouë , ajouta-t’iì, „que vous aurez raison de vous plaindre de moi ; je comprends même „que je ne dois pas trouver mauvais que vous vous emportiez “.

Ah! Sire, s’écria la Princesse, que me dites-vous? Aurez-vous la „Cruauté de m’ôter celui d’où dépendent mon repos & ma félicité ? ôtez- „íîtoi plûtót la vie, que de me laisser dans l’état où vous m’allez réduire “.Ces premiers transports étant calmés, elle dit les choses du monde lesplus fortes pour faire révoquer l’Arrêt qu’on venoit de lui prononcer.Vous savez qu’on ne se révolte contre mon dessein que par la seule „aversion qu’on a contre Mr. de Lauzun, & par l’envie d’avoir mon „bien ; vous savez que je ne suis pas la prémière personne de mon rang „

B b b 3 „ qui

1670.

F,Ile s’imagi-ne les avoirdéconcer-tées.

Montpenjìer>tom. 6 . pag.146 .

Ib. pag. 157 .

Le Roi ré-tracte fa pa-role.

Ib. pag. 164 .

Transportsde cettePrincesse.Ibid.

Ib. pag. 16 ;.