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HISTOIRE
1672.
Keconnois-sance de cet-te Compa-gnie.
On fait sortirdes prisonsquantité deprétendusSorciers.MémoiresHistoriquesChrono-logiques t
f Volez íe
N*. LX1I.
On se prépa-re à entrerde bonneheure enCampagne.
Cette Compagnie ne fût point ingrate des bontés qu’on eût pourelle • avant que de les ressentir, elle les avoit méritées par ses louanges;elle les prodigua depuis, ce fût presque son unique occupation, elles’en fit même un devoir perpétuel ; & aujourd’hui encore, à chaque foisqu’on y reçoit un nouvel Académicien, 011 fait l’éloge de Louis qua-torze. C’avoit aussi été parce qu’elle excelloit dans le Panégyrique,qu’en mille six cent foixante-fept an retour de la Campagne de Flandre,iî avoit ordonné que dans toutes les occasions qu’il y auroit de le haran-guer , l’Académie Françoise y seroit reçue avec les mêmes honneurs quele Parlement & les autres Cours supérieures.
A-peu-près dans le même teins on donna au Conseil d’Etat un Ar-rêt , qui lui fit beaucoup d’honneur dans l'esprit de toutes les personnesraisonnables. Les prisons de Normandie étoient pleines de gens accusésde magie & de sortilèges ; cet Arrêt ordonna qu’ils fussent tous mis enliberté- II cassa, en même teins, quelques procédures du Parlement deRoiien , parce que dans les informations il ne se trouvoit nulle preu-ve d’impiété, ni d’empoisonnement, & que d’ailleurs elles étoient plei-nes de dépositions , que la crédulité & une imagination prévenueavoient dictées. Cet Arrêt publié un siècle plûtót auroit sauvé la vieà bien des personnes. En ces tems d’ignorance rien n’étoit plus com-mun que la sorcellerie & les Sorciers; depuis qu’on a cessé d’y croire,& de poursuivre à ce titre, à peine en entend-on parler. C’ert à-peu-près comme les esprits qui reviennent de l’autre monde pour inquiéterles vivans ; il n’en paroît point dans les païs où l’on traite ces appari-tions de chimères.
Monsieur d’Aligre, qui avoit si-bien servi dans I’affaire de Fou-quet, & dont celui-ci íe plaint si-fort dans son procès, succéda au Chan-celier Séguier le vingt-trois d’avril ; l’Arrêt dont on vient de parler fûtle prémier qu’il scella. C’étoit un homme d’esprit, ferme, intelligent;mais qui n’aïant pas la douceur des mœurs de son prédécesseur, donnalieu de le regretter.
L ouï s quatorze lui-méme avoit tenu le sceau jusqu’à ce jour. L’A-cadémie des Inscriptions trouva ce trait si beau, qu’elle le fit graver furle bronze, f
On volt l’Equité sous la figure d’une femme, aïant fur fa tête uneCouronne Roïale ; de la main droite elle tient une balance en équilibre,de l’autre elle porte la cassette des sceaux. La Légende, Rege Can-cellarii m un us obeuNte, signifie, que le Roi fit lui-même L Char~ge de Chamelier.
Les prémiers mois de cette année furent emploies, comme l’avoientété' les derniers de la précédente, à prendre des mesures pour le succèsde la guerre, qu’on méditoit depuis que les Hollandois avoient craintde devenir voisins de la France. Car, après-tout, c’étoit-là la grandefaute dont on vouloit les châtier ; c’est ainsi qu’on parloit, du-moinsc’est ainsi que se font exprimés les Ecrivains adulateurs. Pour ce qui est
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