DE LOUIS XIV. LIV. XXXIII. 405
'de la prétendue Médaille de Van Beuningen, des discours, des Ecrits >offenians qui se tenoient & se publioient en Hollande , ce seroit déshono-rer ce Prince & ne lui pas rendre justice , que de supposer qu’il eût armécent mille homme pour se venger de quelques Pasquinades ; d’autant plusqu’il n’en avoit pas demandé justice aux Etats, & que d’ailleurs l’agita-tion des esprits, causée par les différais partis qui les divisaient, en au-roit apparemment rendu les défenses inutiles.
Les troupes eurent ordre de se tenir prêtes, & on leur assigna lesendroits où elles dévoient se rendre. Comme le meilleur moïen d’affû-rer le succès d’une expédition militaire est d’entrer de bonne heure enaction, & que pour cela il faut assurer la subsistance des troupes, &suppléer à ce que la campagne ne fournit point encore, on établit surles Frontières, particulièrement dans le Païs de Liège, divers Magasinstoujours en état de fournir les munitions de guerre & de bouche donton auroit besoin. Rien n’étoit plus sage que cette prévenance, &c’est avec justice que l’Académie des Inscriptions en a fait le sujet d’u-ne Médaille, t
L A Prévenance, sous la figure d’une femme, y est debout ; à sespieds est un amas d’armes & de provisions ; d’une main elle tient uneCorne d’abondance, & de l’autre un Gouvernail ; la Victoire lui met furla tête une Couronne de laurier. La Légende, Providentia Vi-ctrix, & l’Exergue , Horrea et Armamentaria ubiq_uecTonstitu ta, expriment, que des Magasins bien fournis contribuent in-finiment aux succès des Armées.
Les Coffres étoient remplis, le Contrôleur-général & la multituded’impôts y avoient pourvu. II eût ordre de fournir quarante millionsau Sécrétaire d’Etat de la guerre, qui n’en devoit rendre compte qu’auRoi. On tint de fréquens Conseils ; on fit la destination des troupespour les deux Armées & pour le Camp volant qu’on avoit résolu deformer, pour agir de plusieurs côtés à la fois, & obliger l’ennemi à.partager le peu de troupes qu’rl avoit à opposer à tant de forces ; onnomma les Officiers - généraux. Louis fe réserva le commandementde la principale des deux Armées ; le Duc d’Orléans, fous le titre deGénéralissime, le Vicomte de Turenne fous celui de Général, dévoientaprès lui y avoir la principale autorité.. Les Lieutenans-générauxétoient, le Marquis de Gadagne, dont on a souvent parlé , & qui mé-ritait auffi-bien le Bâton de Maréchal que Messieurs de Bellefonds, deCréqui & d’Humières, qui en avoient été honorés à la fin de la Campagnede mille six cent foixante-huit ; le Duc de la Feûillade, les Comtes deSoissons, de Lorges, du Lude Grand-Maître de l’Artillerie, & le Mar-quis de Rochefort. II y avoit quatre Maréchaux de Camp, savoir, leCheva’ier de Lorraine, favori du Duc d’Orléans, Messieurs du Martinet »de Montai & de Fourilles. Monsieur du Metz commandent l’Artillerie,
& Monsieur de Sandouc étoit Major-général.
1672.
On établitdes Magasinsfur les Fron-tières.
Quincy, tom.1. pag. 314.
f Voïez leN°. LX1II.
Destinationdes troupes 3nominationdes Ofliciers-généraux.Ibidt.
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