HISTOIRE
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«iumi.a u La Cour de France fit faire à celle de Madrid de grandes plaintes au
1672. sujet de la jonction des troupes Espagnoles à celles des Etats. SiCharleroieût été pris, elle se seroit peu embaraísé de ces plaintes ; le contraireétant arrivé , elle désavoua ses Généraux. On crut en France que la sa-gesse demandoit qu’on parût se contenter d’un pareil désaveu, jusqu’à cequ’on fût en état de faire connoître ce qu’on en pensoit.
Expédition Tandis qu’on attaquoit inutilement Charleroi, le Duc de Luxern-des François bourg formoit des projets, dont l’exécution auroit été plus funeste à laHollande que ne l’avoit été le commencement de la Campagne. Son plantom. 4. pag. étoit, auffi-tôtque l’inondation & les canaux seroient gelés, de prendre164. ses quartiers à Bodegrave & à Nieuwerbrug, de pénétrer jusqu’à la
Le Clerc , Haïe, de dissiper les Conseils, ou de les contraindre de se soûmettre auxtmi. ;. pag. oonditions qu’il leur voudroit imposer. Ses préparatifs répandirent l’é-Mémoires pou vante. La Haïe étoit ouverte de tous côtés & n’avoit point d’autresHistoriques troupes que la Garde ordinaire des Etats.
& chronolo- L e froid étant devenu très - âpre , le Duc de Luxembourg partitgiques. d’Utrecht le lendemain de Noël à la tête de l’élite de ses troupes, quiniontoient à cinq mille hommes ; il fût joint en chemin par trois millehommes tirés des garnisons de Nimègue , de Bommel & de Crevecoeur ;pour les animer il leur promit le pillage de tous les lieux dont ils pour-roient s’emparer. II prit fa route par Monfort, par Woërden. Malgréle dégel qui survint tout-à-coup , il continua de marcher. On fit des pontsfur les canaux, un d’eux se rompit & partagea en deux sa petite Armée.Une partie attaqua le village de Nieukoop. Les païsans se défendirent vi-goureusement ; il fallut prendre une autre route. II falloit périr ou pren-dre le Fort de Nieuwerbrug, que deux Bataillons , qui le gardoient,pouvoient à la faveur du dégel defendre contre une puissante Armée. Onmarcha de ce cóté-là ; on n’eût pas de peine à s’emparer de Bodegrave &deSwammerdam. Le Comte de Koningsmark chargé de garder ces po-stes avoit jugé à propos de les abandonner, pour sauver, dilòit-il, Ley-den & Tergaw. La prise de ces postes ne tiroit point du danger où ledégel avoit jetté. L’inondation couvroit les prairies ; la digue étroitequi borde le canal jusqu’à Woërden étoit Punique chemin par où l’on pûtse retirer ; il étoit impossible de se rendre maître de cette digue sans for-cer Nieuwerbrug. Par un bonheur que ces troupes ne méritoient pointaprès les horribles excès qu’elles venoient de commettre, celui qui devoitdéfendre ce Fort avoit suivi l’exemple du Comte de Koningsmark & l’avoitabandonné ; on s’en saisit aussi-tôt, & 011 arriva à Utrecht le dernier jourde cette année.
Q.uelq.ue chose qu’aïent avancé les Ecrivains qui ont parlé de cetteexpédition du Duc de Luxembourg & de son Armée sur Swammerdam &Bodegrave, des massacres, incendies, violences & autres cruautés énon-cées & détaillées dans leurs rélations, leurs récits ne parfissent pas sûrs.Voici ce qu’en rapporte un Ecrivain , qui semble avoir examiné les chosesavec plus de désintéressement & moins de prévention que les autres.
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