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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXXIII. 435»

Si l’on en croit, dit-il, les Historiens, non-seulement Hollandois, mais „aussi François ; ces deux Bourgs furent non-seulement pillés & brûlés ; „mais quantité d’hommes, de femmes & d’enfans y furent massacrés, „des femmes violées, & toutes fortes de brutalités & d’inhumanités „commises. Cependant nous avons ouï des Hollandois, gens sages & „dignes de foi, qui avoient vécu en ce tems-là ; & il y en a encore „aujourd’hui , qui ne font nullement amis de la Nation Françoise, „sur-tout aux dépens de la leur ; qui ont assuré & qui assurent, que „la plus grande partie des cruautés & des brutalités qu’on attribue „aux François, font de pures fictions, inventées pour rendre les Fran- „çois plus odieux ; mais qu’il est vrai qu’ils pillèrent ces deux Bourgs, „& qu’ils y mirent le feu “.

I l y a donc une exagération injuste dansWicquefort, & il est pluscondamnable encore que les autres Ecrivains, d’avoir mis dans ses Avis fi-dèles aux véritables Hollandois , une harangue insensée du Duc deLuxembourg à ses troupes. „ Allez, mes enfans, fait-il dire à ce „Duc, pillez , triez , violez, brûlez , & s’il fe peut faire quelque cho- „fe de plus exécrable n’y manquez pas, afin que je voie que je ne „me fuis pas trompé au choix que j’ai fait de l’élite des troupes du „Koi, & que vous répondiez à l’honneur que Sa Majesté vous fait de „fe servir de vous dans une guerre, qu’elle ne fait que pour étendre fa ,»gloire & fa puissance jufqu’au bout du monde “. Où cet Auteura-t-il trouvé cette harangue ? L’auroit-il transmise de la bouche de ce Gé-néral , pour la conserver à la postérité ?

Les Ecrivains François ont encore plus grand tort d’avoir donné àcette action un air de conquête & de victoire. „ Bodegrave pris , dit „l’Auteur des Fastes fous le vingt-huit décembre, & les Hollandois „battus par le Duc de Luxembourg Les Hollandois ne furent pointbattus, puisque par leur retraite ils étoient hors de portée de l’être.C’est au - moins parler fort improprement que de dire d’un village,qu il fût pris. Peut - être que l’Auteur a cru que c’étoit une Ville, ouqu’il a voulu le faire entendre.

L’A u t e u r des Mémoires Chronologiques, quoique moins partial queceux dont on vient de parler , a fait la même faute. II dit que Bode-grave fût pris, qu’il n’y eût que cette Place & Swammerdam qui fe dé-fendirent. II ajoute, que ces deux postes furent emportés la nuit, &que les soldats n’entendant plus la voix des Officiers dans les ténèbres, ycommirent tous les excès imaginables. Cette circonstance fauveroitl’honneur des Officiers, mais elle est avancée au hazard & fans aucunepreuve. Ces deux postes furent pris le vingt-huit ; les troupes Fran-çoise s emploïèrent ce jour & le lendemain à les piller, & ne les aban-donnèrent que le trente pour retourner à Utrecht. On a dit que Louisquatorze 11’avoit pas approuvé ces excès , qu’il les avoit même blâmés ;ce n’étoit pas assez, il falloit punir ceux qui les avoient commis , du-moins quelques-uns de ceux qui auroient dû les contenir.

Lï

1672.

L t Clac, t o ml.$ag. ;iS.

Pag. 2x1.

Sous Van167a. fag.35 a.