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Tome troisieme.
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W.—

1672 .Neuville,tom.4- f«g. i6z.

Désolationde la Provin-ce d’Utrecht.Neuville, tom.4 P«g- I 4 I-MercureHollandais,167a. pag.4i?.

Basnage ,tom, 2. pag.Î4°<

BasnageJorn.

a.pag. 351.

440 HISTOIRE

Le Prince d’Orange après avoir levé le siège de Charleroi, vint dé-charger sa colère sur la petite Ville de Binch & sur quelques Châteauxvoisins. „ Expédition , dit Basnage , qui fit peu de bien & beaucoup„ de mal ; car on abandonna à la discrétion du soldat la Ville & les„ Châteaux “.

Ces cruautés excessives, qu’on exagéra encore & dont on fit les des-criptions les plus touchantes , mirent le comble à la haine qu’on por-toit déjà aux François, à cause de la manière dure dont ils traitoient laProvince d’Utrecht, fans avoir égard aux conditions qu’ils lui avoientaccordées lorsqu’elle s’étoit soumise. Elles furent toutes violées. Onexigea des contributions excessives; on brûla plusieurs villages; on-lo-gea les soldats chez les bourgeois, où ils vivoient presqu’à discrétion ;on s’empara de tous les deniers publics. En un mot l’oppression fût stgrande , que les Chefs de cette malheureuse Province écrivirent ences termes a l’Intendant. „ Dimjruijsance où sont les Etats de la Pro -„ vince de trouver ou d emprunter de Purgent ejì absolue. Les pauvres ontM besoin qifon leur en donne , £7 les riches ne peuvent plus en prêter fur les af-,3 sûrances les plus sacrées , puisqu'on les a violées , Cj 5 qu'onpeut chaque jour,3 inventer de nouveaux prétextes pour anéantir les promesses précédentes. O est,3 à vous d!examiner s'il est de la gloire de l'intérêt du Roi de réduire à,3 la dernière extrémité un Peuple à qui on a accordé de fi bonnes conditions.M O est à vous de voir fi vous voulez vous mettre au-dejfus de ce qifon en du3, ra dans tout P Univers , & de ce que les Historiens en laisseront passer à la„ postérité. Pour nous , au-lieu de nous charger de cette exaPlion fur nôtre„ Peuple,nous le recommandons à la miséricorde de Dieu ; cs nous tenant dans les33 termes de P obéissance , nous attendrons patiemment tout ce qui peut arriver

C’est ainsi qu’ontraitoit des peuples qui s’étoient volontairement sou-mis. On ne fauroit dire combien cet exemple animoit les autres Provin-ces à faire les derniers efforts pour éviter un sort pareil ; leur détermi-nation étoit si forte, qu’on feroit plutôt venu à bout de les exterminerque de les soumettre. On auroit tort de rejetter ces vexations fur Mon-sieur Robert, c’étoit le nom de l’Intendant de l’Armée Françoise ; laCour en étoit instruite ; les plaintes, les Mémoires avoient été inutiles,& avoient attiré des menaces au-lieu d’obtenir du soulagement. „ fiai„ vu vôtre Lettre , difoit le Secrétaire d’Etat de la guerre, ist toutes les„ raisons que vous représentez pour faire connaître , que vous ifêtes point en3, état de satisfaire aux demandes que Monsieur Robert vous fait. Je juge„ facilement que vous ne le pouvez faire fans une très grande peine ; mais3, comme la nécessité if a point de loi , sf qiïil faut que les Armées du Roi„ subsistent , vous devez vous accommoder avec Monsieur Robert sur ce que3, vous aurez à fournir ; autrement il est impossible que vous ne tombiez dansj, une très grande désolation ". Ce n’est qu’avec peine qu’on retrace lesouvenir odieux de ces excès, & de ces duretés, aussi contraires àInhumanité qu’à la vraïe politique ; la sincérité de l’histoire l’a exigé,A on s’est fait une loi inviolable de ne s’en point écarter.

La