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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXXIII. 441

La marche des troupes de l’Empereur & de l’Electeur de Brande-bourg, avoit obligé la r rance de retirer de Hollande la plus grandepartie de ses forces. Le Vicomte de Turenne avoit eu ordre de passerle Rhin, & d’empêcher, s’il étoit possible, la jonction de ces Arméesavec celle du Prince d’Orange. Comme on avoit sujet de craindre que lesAllemands ne passassent en Alsace pour tomber sur la Lorraine, le Princede Coudé, rétabli de sa blessure fût envoïé avec dix-huit mille hommesafin de s’opposer à ce dessein. Ce grand Capitaine n’eût point d’occasionde se signaler, les ennemis ne Rapprochèrent point & ne firent de soncôté aucune tentative, dès qu'il eût fait brûler le pont de Strasbourg,dont il savoir que les habitans, malgré la neutralité qu’ils avoient em-brassée , n’auroient pas refusé le passage.

Il 11’en fût pas de même du Vicomte de Turenne. Quelqu’idéequ’il eût donnée jusqu’alors de fa capacité, il la surpassa & eût tout l’hon-neur de cette Campagne. Suivi de quinze ou vingt mille hommes au-plus,il passa le Rhin & s’avança dans le Païs de la Marck pour observer lesmouvemens des ennemis. Ils s’étoient joints vers Erford, & marchoientà dessein de traverser le Palatinat & de venir passer le Rhin à Coblentz.Le Vicomte se posta à Mulhem près de Cologne, & les força de se rete-nir dans le voisinage de Fridberg, à vingt-cinq lieues de lui; il continuade remonter le Rhin & traversa le Duché de Berg.

Les deux Armées Allemandes demeurèrent dans leur Camp près d’unmois fans oser rien entreprendre ; elles s’avancèrent vers Francfort,où elles furent jointes par les troupes du Duc de Lorraine. Le Vicomterepassa le Rhin à Andernach & alla prendre ses quartiers dans le païs deTrêves ; il veilla avec tant de soin le pont de Coblentz, que les Impé-riaux n’ósèrent même s’en approcher. Ils voulurent passer du côté deMaïence , ou entrer dans le Palatinat ; mais les deux Electeurs, intimidéspar le voisinage de Turenne, leur refusèrent le passage ; celui de Maïencefit même rompre son pont qu’ils avoient voulu surprendre. Leurs ef-forts pour traverser le Mein à Francfort furent aussi inutiles > ils mar-chèrent vers Strasbourg. Le Vicomte, à qui rien n’échappoit, en fitavertir le Prince de Coudé , lequel fit brûler le pont de cette Ville. Ilschangèrent alors de projet & firent un dernier effort au confluent duMein & du Rhin ; ils construisirent un pont à Flersheiin, passèrent leprémier de ces fleuves & allèrent camper dans le Darmstadt. Ils firentun autre pont à Gustavebourg , vis-à-vis de "Weissenau, à une portée decanon de Maïence. Leur dessein étoit d’entrer dans l’Electorat de Trê-ves , & de traverser le Païs de Liège pour aller joindre le Prince d’O-range. Turenne s’avança pour les couper fur les confins du Luxem-bourg, jusqu’à Witlie &àPruyn, de manière qu’ils furent contraints deséjourner dans un Païs ruïné.

C’est ainsi que ces Armées fur lesquelles on avoit tant compté, fu-rent occupées pendant trois mois à tenter inutilement le passage du Rhin.Le Vicomte de Turenne mesura si bien ses marches, qu’il fût toûjoursTome III. Kkk à

1672.

On marchede tous cò.tés au se-cours de»Hollandoìs.Le Clerc, tom.

pag-MercureHoUwdeiff1672. pag.4'S-

Turenne,tom. 2. pag,219.

Le Vicomtede Turenneempêche I»jonction.

Qu'mcy, tom,t. pag. j 44.

Vie âe Tu-renne , tom',2. pag. 224.

1 b. pag. 326.