1672.
Diverses né-gociations.Le Clerc,tom.?. pag. jai.Turenne ,tons, 2. pag.
LIY.
Corps Diplo-matìqiu\totn.7. Part. 1.pag. 194.
Eafnagéjom.3 . pag. ;S;.
442 HISTOIRE
ï à portée de les empêcher d’aller secourir la Hollande, ou de pénétrerdans l’Alsace. Par ces marches & ces contremarches, qui souvent avoientl’air d une fuite , ils ruinèrent absolument les Pais de Trêves, de Maïence& le Palatinat. Les trois Electeurs firent retentir de leurs plaintes laCour de Vienne & la Diète de Ratisbonne. Voïant qu’ils alloient s’at-tirer tous ces Princes, ils abandonnèrent ces Pais ravagés, pour aller pren-dre des quartiers d’hiver dans la Westphalie, fur les Terres de Cologne& de Munster. 11s se séparèrent en trois Corps & prirent différentes rou-tes. Ces marches pénibles leur causèrent presqu’autant de pertes qu’auroitfait une bataille. N’aïant osé passer sur les Terres du Landgrave de Hesse,ils furent réduits à prendre un long détour par des chemins difficiles,où ils perdirent près de quatre mille chevaux. Le Vicomte de Turennerepassa le Rhin à Wefel à la fin de décembre, dans le dessein de les sui-vre dans la Westphalie, pour les en chasser & mettre à couvert deleur ressentiment les Etats de Cologne & de Munster. II y réussit au-delà de ce qu’on pouvoit espérer, comme on le verra au commence-ment de Tannée suivante.
Ces mouvemens de T Allemagne & leur peu de succès, donnèrentlieu.à une infinité de négociations. Les Victoires de la France avoientallarmé toute TEurope; la République presqu’accablée réprésentoit fanscesse aux Princes d’ÁUemagne Tintérêt qu’ils avoient à fa conservation ;ce fût pour augmenter ces allarmes & pour les calmer que la Politiquemit en œuvre tous les ressorts imaginables. Les Ministres de Franceétoient trop bien servis par les espions qu’ils avoient dans toutes lesCours , pour ignorer rien de ce qui s’y passoit. Ils avoient sû le traitçde PElecteur de Brandebourg avec les Etats-Généraux avant même qu’ileût été ratifié ; on fit son possible pour le porter à ne point l’obser-ver. Vauguyon qu’on lui envoïa, feignit d’ignorer les engagemens qu’ilvenoit de prendre; il lui répréfenta les avantages de la neutralité, &Timpoffibilité de la rompre fans violer la paix de Westphalie, que le Roitrès Chrétien , disoit-il, étoit résolu de maintenir, & en état de réprimertous ceux qui la troubleroient.
L Electeur ne répondit rien de positif. Vauguyon lui demandaalors s’il étoit vrai qu’il fe fût engagé à secourir les Hollandois ; disant,qu’on étoit instruit, & qu’on savoit les mouvemens que se donnoient sesEnvoies à Vienne , à la Diète de Ratisbonne & par-tout ailleurs pour sefaire appuïer. II ajouta, que son Maître ne pouvoit souffrir à ses côtésune Armée qui relevois le courage de ses ennemis. On lui répondit engénéral, qu’on n’avoit point d’autre vûë que raffermissement de la paix deWestphalie & la sûreté de ses Etats ; que tous les Princes d’Allemagnearmoient, & que dans cette émotion générale on ne pouvoit fans im-prudence rester désarmé. Ces conférences durèrent jusqu’à ce que TE-lecteur se mit à la tête de son Armée. II ne Tauroit jamais fait, malgréfes engagemens, si on avoit démoli la plupart des Villes qu’on prenoitaux Hollandois, & qu’on eût fait passer le Rhin à trente ou quarante
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