Band 
Tome troisieme.
JPEG-Download
 

444

HISTOIRE

1672.

Ba.snagejom,2. f*g. ;S 8 .

ïb. pag. ;?I.

Tom. 2. pag t

jóa.

Projet detraité avecl’Empereur.

» la guerre à la France , ni à ses Alliés, fans une Diète générale de TEm-pire, dont le consentement, selon eux , étoit absolument nécessaire.Ils publièrent même une espèce de Manifeste , où ils répréscntoient quela Hollande ne faisoit point partie de l’Empire ; que l’Empereur ne vou-loit attirer la guerre dans le sein de l’Allemagne , qu’afin de la détournerdes Païs-Bas. Les sommes considérables que la France faisoit distribuerà ces Princes & à leurs Ministres, étoient le principe de ces oppositions& de ces incertitudes. D’ailleurs chacun avoit ses intérêts particuliers.Le Duc d’Hanover difoit publiquement qu’il ne pouvoit fe Ber à l’Ern-

E ereur , ni à TElecteur de Brandebourg, ni même à son propre frère.

e Landgrave de Hesse ne vouloit point se déclarer, parce que ses Etats,voisins du Duché de Clèves, auroient porté le fort de la guerre. L’E-lecteur de Saxe, qui avoit d’anciennes prétentions fur ce Duché , ai-rnoit du-moins autant le voir entre les mains des François, qu’en cel-les de l’Electeur du Brandebourg.

Les délibérations de la Diète de Ratisbonne ne finissoient point;le tems s’y confumoit en disputes inutiles, en déclamations vagues furl’ambition de Louis quatorze, fur la conduite des Hollandois, dont lafierté, difoit-on, leur avoit attiré l’indignation de ce Prince. La plupartdes Députés murmuroient contre ceux qui vouloient les engager danscette guerre onéreuse & dangereuse, prétendant qu’on ne cherchoit qu’àles affoiblir, asin de les opprimer ensuite, comme on avoit voulu faireavant la paix de Westphalie. Ceux qui parloient favorablement pour laRépublique se bornoient à dire, qu’il falloit intercéder pour elle auprèsdes deux Rois, & tâcher de lui obtenir une paix tolérable.

Le Commandeur de Gremonville , qui avoit conclu avec l’Empereurà la fin de Tannée dernière un traité , par lequel ce Prince s’engageoit dene point fe mêler des affaires des Hollandois, faisoit son possible pourmaintenir son ouvrage. II fit un Discours fort vif au Conseil d’Etat, quiavoit été chargé de Tentendre. II y parla fort mal des Hollandois, qu’iltraita de gens de néant, enorgueillis de leur puissance, aveuglés de l’éclatd’être mis au rang des Princes. II tâcha de faire voir que la Maison d’Au-triche , dont ils avoient depuis-peu secoué le joug, devoit plûtôt travail-ler à leur perte que s’intéresser à leur conservation. II protesta cent fois,que le Roi son Maître n’en vouloit ni à l’Empire en général, ni à aucunde ses Membres en particulier ; il représenta les fuites de la guerre,qu’on alloit rendre universelle de particulière qu’elle étoit.

Basnage prétend que cet Ambassadeur, secondé par les libéralitésde son Maître & par un talent personnel pour les Dames, pensa réussir.II avance même que l’Impératrice Amélie, laquelle, dit-il hardiment,trahissait son époux, appuïa ses négociations, & qu’à la sollicitation decette Princesse on dressent le projet du traité suivant.

„ I. Le Roi très Chrétien s’engageoit de n’attaquer l’Efpagne de„ cinq ans, pendant lesquels l’Empereur & le Pape termineroient les dif-» férends nés ou à naître avec les deux Couronnes.

II. De