Buch 
Discours de Monsieur le Marquis Beccaria Bonesana, professeur royal aux écoles palatines de Milan, pour l'inauguration de la chaire d'économie et de commerce nouvellement érigée par S.M. l'Impératrice Douairière et Reine de Hongrie / traduit de l'Italien par J.A.C. avec quelques notes du traducteur
Entstehung
JPEG-Download
 

1

( II ).

par ce moyen tarir les sources de lindustrie,émousser laiguillon du Travail , & éteindrelespérance dune meilleure condition, dont lefeu anime tout le Corps politique ; réduire pres-que en discipline Monastique les Corps des Ar-tisans ; les former en faòìions jalouses & liti

nergïe les mœurs des Sybarites, qui cependant sont lobjetde la critique universelle.

Si lopuieiice une fois acquise pouvoit soutenir foule lesexcès du luxe, le mal, seroit moins grand ; mais il ar 5rive dordinaire , que lon compte moins for les richessesque I on possède , que for les moyens den acquérir de nou-velles sons beaucoup de peine; lintrigue.ténébreuse & Fin-justice en font tous les fraix. Lintérêt tantôt rampant,tantôt arrogant joue son roiie à merveille & assujettit lé-tat mitoyen & le pauvre à une honteuse contribution. LaProtection & la Justice se vendent en Italie & principa-lement à Rome, comme nous vendons des montres IGenève. On ne vient jamais auprès dun Protecteur les,plains vuides. J'ai rougi souvent pour Fhumanité avilie ,y Oyant un pauvre malheureux apporter son offrande i5Cbaiser à genoux le bput de la manche, ou le bas de lha-bit de son Protecteur. A Rome, un Marchand qui a unJVIonsignore pour Protecteur peut faire impunément 1cCoquin, un bref du Pape ferme la bouche à ses Créanciers.

L ? Etiquette, cet éternel opprobre de ía raison humai-ne, régné despotiquement en Italie; les livrées.du Luxe luidonnent un ton toujours plus imposant, & FExcellen-TissiME croïroit se dégrader , sil réfìëchiísoit quil est de|a même espèce du pauvre quil menace du bâton ôí fouiip, inhumainement à sçs. pieds.