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grande ville, les allemands ne savent pas tirer parti d’unegrande ville, on n’y choisit pas sa societe on l’augmente,on n’y sait guere plus de nouvelles publiques mais seule—ment mille fois plus de commerages on n’y a pas plus-de liberte que dans une petite ville mais seulement un plusgrand nombre d’observations et la vie physique boiremanger danser jouer y tient mille fois plus de place qu’äveimar — au milieu de tout cela Ton decerne dans le mondelitteraire ce qui caracterise l’allemagne erudition philosophiedroiture, mais il n’y a pas l’ombre de comparaison entrece que nous appellons societe en france et ceci — et jene suis pas etonnee que les savants ayent en allemagne-plus de tems pour l’etude que par tout ailleurs car la se-duction de la societe n’existe pas — je n’en ai pas moins-ete bien aise de voir un pays nouveau d’etre recue' vrai-ment a merveille et de rencontrer au milieu de cette foule,,des liommes et des princes, des reines et des femrnesqui ont un gout aimable et bon pour tout ce qu’ilscroyent distingue — vous avez des fanatiques ici commeä veimar et si vous y arriviez je suis sure que la cour et.la ville seroit aussi en mouvement que par l’arrivee d’un.bonaparte c’est beaucoup que le genie soit a l’egal de la.puissance — il faut aussi que je vous remercie de la so-ciete la plus interessante que j’aye rencontre a Berlin Wil-helm Schlegel je suis punie ou recompensee de toutes-mes plaisanteries sur les Schlegel — je ne crois pas pos-sible d’avoir une critique litteraire plus spirituelle plus in-genieuse que Wilhelm, et des connaissances si etendues-en litterature que lors meine qu’on n’est pas de son avis,c’est de lui qu’il faut emprunter des armes enfin je trouvedans son caractere quelque chose qui ne repond pas äl’amere reputation qu’on lui a donne et je veux attribuerä son frere ce qu’il y a de trop rüde dans l’esprit de lafamille pour aimer ä mon aise celui ci — il passera commemoi le mois de juin a veimar ah je vous declare mon ehergoethe qu’il vous faudra terriblement causer avec nous deux