SUR L’ART DES MINES. 331entretenir une lèmblable balance. Il efl: vrai que Tonempêche la lortie de l’argent d’un pays, par le moyendes manufactures de foie , de laine, de coton, de linge,& d’autres objets néceffaires au luxe même ; mais cela nefùffit pas. Nous avons encore beloin de mille choies,que la nature ne donne pas à nos pays, 8c que nousIbtnmes obligés de faire venir de loin ; comme le lucre,le café, le chocolat, les épiceries Sc autres de cetteelpèce, pour lelquelles nous donnons beaucoup de pro-ductions de nos pays ; Sc aulïi long-temps que nos ma-nufactures de draps , de foie , Scc ., ne feront pas en étatde fournir ces mêmes objets en meilleure qualité que1 étranger, pour pouvoir les vendre à nos voilins, nousperdrons toujours la balance ; il nous fera toujours difficilede parvenir à un degré de perfeCtion qui nous mette au-deffus de ces fabriques éloignées, qui fubfiftent depuisnombre de liècles , tant parce qu’il nous manque beau-coup de matières premières, telles que foie, coton, Sc c.que parce que le génie de la nation , la fituation du paysSc autres circonltances, ne le permettent point. Au fur—plus , il elt pollible que le génie de la Nation puiile lelurmonter ; mais il n’ellpas de même de la nature, & dansce cas il n’exilte aucun raifonnement, aucun principe dqcommerce.
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