SUR L’ART DES MINES. 335elles n’avoient pas produit tant de millions de quintauxde métaux de moindre qualité, avec lefquels nous avonspu commercer, il y a long-temps qui! n’y auroit plusd’argent dans les Etats d’Autriche.
§. 2,0.
Il fera facile de voir, & de fe convaincre, par ce quivient d’être dit jufqu ici, de l’utilité que procure à unEtat l’exploitation des Mines. Il n’y a que le peu de juge-ment & l’ignorance dans les finances & dans la politiqued’un Etat, qui peuvent porter à fe déclarer contre cesfortes d’exploitations , & à les fou tenir inutiles.
■ L’objeélion commune eft de dire : que la France apeu de Mines, la Hollande point du tout, & que néan-moins ces deux Etats font riches. Il eft vrai ; mais lesfourGes par lefquelles ils fe font enrichis, ne font pas fisûres que celles des Mines, car ils ne font devenus richesque par la foibleiïè &la pareftè des autres nations. Si nouslaiflions aux Hollandois leurs marchandifes des Indes 8cleurs draps; 8c. aux Français, le produit de leurs fabriquesde leurs vins , ils ne le feroient pas tant. Si les autres na-tions continuoient d’employer leur indüftrie lur l’amé-lioration de leurs propres manufactures & fabriques , 8cfe défaifoient du préjugé de croire, qu’il n’y a de bonque ce qui vient de la France, cette fource de richeftëpourroit bientôt s’évanouir , principalement en France ;ïtiais la fource des Mines ne fauroit fè tarir, par les difpo- .