SUR L’ART DES MINES. 355duit donc une rente bien plus considérable que tout undiftriél de pays de quelques lieues de grandeur. Il feroîtinjufte de charger une terre de doubles impôts ; il lefèroit encore plus, d’afliijettir celle des Mines, propor-tionnellement à Ton produit, aux mêmes contributionsque les terres d’un laboureur. L’exemption des Mineurseft d’ailleurs fondée fur la néceflité, puifqu’ils s’expofènt àun métier dangereux 8c pénible pour des entreprifes auflîdilp en dieu fes ; que leurs falaires font modiques, 8c qu’ilsn’ont aucune autre relfource pour vivre. Au furplus, ilfaut remarquer que les exploitations des Mines ne fontjamais à comparer aux autres objets de commerce, puif-que les propriétaires ou négocians font prefque toujourssûrs de leur capital 8c de leur produit, lorfqu’ils prennentdes dimenfions fages 8c conformes à une bonne éco-nomie. Mais le fond des Mines eft toujours^ incertain ,parce qu’une Compagnie , par l’elpérance d’une bonnefortune, eft obligée d’ouvrir 8c de pénétrer dans lesentrailles de la terre, fans être afturé de pouvoir regagner1 argent qu elle a débourfé. Quoiqu’on raffine journelle-ment fur cet art, il n’eft pas poffible de le porter à unpoint où on puiftè déterminer quelque chofe de certainfur les entrailles de la terre. Un intérefte peut confé-quemment dans une exploitation, s’il eft heureux, aveccapital de mille florins, en gagner en peu de tempscent mille. Il peut aufîi en perdre autant, 8c plus s ^eft malheureux. Il ne faut donc pas ici feulement de
Yy 2