SUR L’ART DES MINES.§. 50.
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L’on a dit que l’argent monnoyé étoit la proportion& l’échelle fur lefquelles fe proportionnoient tous lesobjets du commerce. Il faut néanmoins remarquer quecette valeur de l’argent, ou fa proportion avec les autresmatières, changent continuellement ; & fi certains objetsnécefiaires à la vie deviennent rares , leur valeur aug- ;mente à proportion de celle de l'argent, ou, ce qui revientau même, la valeur de l’argent diminue à proportion decelle des matières rares j mais fi les vivres font en abon-dance, leur valeur diminue à proportion de celle de l’ar-gent. Il s’en fuit de-là, que l’on ne fauroit admettre lefyftême, qu’il y a beaucoup d’argent dans un pays où lesvivres font chers. Les vivres d’un pays peuvent être dansune année du double plus chers que dans une autre, lecapital du pays n’augmente pas pour cela d’un folmais dans une circonftance de cette nature, la circula-tion de l’argent devient plus forte , parce que les -per-fonnes qui économifent lur leurs revenus dans les bonnesannées, Sc mettent le forplus en caifiè, font obligées dele dépenfor dans les tems de cherté.
§.51.
La valeur de l’or êc de l’argent, celle de la monnoiememe , variant dans leur équivalent, ce qui ne fauroitêtre autrement par leur nature , il a été impofiîbfo fofqu à
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