SUR L’ART DES MINES. 377contrebandiers ne pouvant y gagner. Il pourrait cepen-dant arriver que de pareilles matières s’introduifilïènt unefois dans le pays à un prix fi modique, qu’on ne pourroitpas les donner au même prix. Par exemple , un pays yen railon d’une trop grande abondance, & du peu deconfommation , pourroit être obligé de vendre à vilprix le produit de fes Mines, pour avoir de l’argent ; onferait un pareil làcrifice fur le produit de les mines,dans l'intention de faire cefièr les entreprifès de notrepays ; dans ce cas, il ne ferait pas prudent de lever ladéfenfe de l’entrée de ces matières étrangères dans- lepays. On fe priveroit par-là de l’avantage de lès propresproductions, & on ôteroit les moyens de vivre à beau-coup d’ouvriers. En outre , dès que l’étranger fe feroitapperçu qu’il eft parvenu à fon but, il rehau/ferait àl’inftant de prix, Sc le poufièroit à l’excès. Le rétablifië-ment d’une entreprife abandonnée, ne fe fait pas avecautant de facilité qu’on s’imagine ; il y faut beaucoupde dépenfes, beaucoup de peines & nombre d’années.
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Les métaux rapportent moins dans la forme qu’ilsreçoivent dans les fonderies , que par celle que leurdonne le grand nombre d’artiftes, qui les préparent pour^fage néce/faire êc utile à l’Etat. Il eft donc bien inté-r e/fant q Ue les métaux brutes qui doivent être préparespour lufage du pays, fe fabriquent dans le pays même,Tome II, B b b