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afin qu’ils ne fortent point du pays pour y rentrer fa- ibriqués. Il faut, pour cet effet, avoir dans le pays unnombre fuffifant d’ouvriers habiles, pour ne pas payeraux nations étrangères les façons, qui font fouvent beau--coup plus chères que les premières matières, ce qui fèroitau préjudice du pays, Sc pour que cet argent puiffe yrelier.
§. 65.
Lorlqu’il eft polfible de fabriquer non-lèulement afîeZde marchandifes pour l’ufage du pays, mais pour pouvoirencore en fournir à l’étranger, on y gagne doublement,c’eft-à-dire, le propre gain du produit des Mines, &celui de la fabrication. Mais comme on ne peut pas ,fuivant la nature d’un métal qui fert à trop d’objets, fa-briquer des machandifes du tout; que , par exemple,pour la fonte des canons, il faut nécelîairement du métalbrut, & que chaque nation a Ion goût particulier, il efttrès-eflentiel, dans ce cas , de tâcher de pouvoir vendittout ce qui n’eft pas néceffaire à l’ufage public, ni êtrefabriqué en marchandées courantes, &dele tranlporte fbrute chez l’étranger, parce qu’il n’efl: pas polfible q ü ^notre pays loit le leul qui produile tous ces différent 5métaux. Tant que les autres pays en produiront, on ^pourra les forcer ; ils iront plutôt chercher ailleurs celeur fera convenable. Au refte, il faut beaucoup ^ 0précautions pour le débit de ces métaux, afin de ren^ rC