digieufement, & que cela rendroit le train trop lourd , il faudroittoujours que les soupentes sussent assez élevées pour laisser passer laroue de devant, & par conséquent la caisse de la Voiture seroit en-core singulièrement élevée. M. de Garsault , pour venir au but où iltendoit, vit bien qu’il falloir tomber dans les inconvéniens que nousvenons de décrire, ou renoncer d’entrer par le côté des Voitures ; il s’eftdéterminé de faire entrer par le derriere de la caisse. Les brancards sontpar-là presque droits , les roues passent fous les soupentes, la caisse,est enfermée dans les brancards , & les soupentes la soutiennent versson milieu , comme dans les Litières ; elles tiennent dans des pou-lies attachées aux quatre montans de la caisse ; par-là on a le ressort detoute la longueur des soupentes ordinaires , elles font attachées parderriere à des montans de fer, élevés fur les brancards à la hauteur dela roue , afin que les soupentes soient horisontales : des courroies deguindage empêchent la Voiture de rouler fur les soupentes qui serventde guindage elles-mêmés pour le bercement de la Voiture. Le Co-cher n’est pas plus élevé que dans les Voitures ordinaires , il est à che-val , comme dans les Wourst , espece de Voiture Allemande : par-làil est plus en sûreté , étant appuie sur des roues plus hautes, & leCocher étant resté à la même distance dupavé, il fera moins secoué.
La Voiture est moins pcfame, plus douce 6c plus sûre que les au-tres ; si les chevaux prennent le mors aux dents, on peut aisémentsortir de cette Voiture sans craindre les roues ; accident rare à la vé-rité , mais qui cependant arrive. On pourra trouver qu’il est incom-mode d’entrer par derriere la Voiture : cela pourra avoir lieu à Paris ;mais pour la Campagne & les Villes de Province, cela ne sauroit fairede difficulté. Le marche-pied mene sur un palier d’où on entre très fa-cilement ; les Domestiques font fur ce Palier , prêts à aider à monter& à descendre. Nous croions que cette Voiture , par fa légèreté , parfa simplicité 8c par fa commodité, mérite, à plusieurs égards , l’ap-probation de l’Académie : Nous devons cependant avertir ici que M. leDuc de Chaulnes avoir faic faire il y a quelques années un Modele deVoiture de Campagne fur ce principe ; mais M. de Garsault n’a vù ceModele que lorsque la Voiture étoir presque finie. U n’est pas rare devoir deux Auteurs fe rencontrer ainsi. Signé , Dortous df. Mairan ,le Chevalier d’Arcy.
Je certifie le présent Extrait conforme à l’Original, &au jugementde l’Académie. A Paris , ce zo Mai iy;6.
Grandjean de Fouchy, Secretaire perpétuel■ de l’Académie Royale des Sciences.
On trouvera le Privilège à la fin du Nouveau Parfait Maréchal.
De l’Imprimerie de D ID O T.