XVI
PEBUCATIOX INDUSTRIELLE.
divers appareils avec les modifications successives qui y ont été apportées.
La filature mécanique du lin et du chanvre qui, bien encouragée, devraitêtre l’une des branches les plus florissantes de l’industrie française, estreprésentée à l’Exposition par cinq ou six constructeurs : d’abord parM. de Girard (1), l’inventeur même des premières machines , qui ont serviet servent encore de base à toutes celles qui s’exécutent en France et àl’étranger, et ensuite par les bons constructeurs , MM. Decoster, Schlum-berger, Grün, etc. M. De Girard n’a envoyé que sa belle et ingénieusemachine à peigner, qui est aussi curieuse par la combinaison de ses mouve-ments que par son travail. Nous l’avons publiée dans la 2 e livr. du tom. i,avec la notice historique sur les autres machines qui ont été tentées pour lemême objet. MM. Schlumberger et Decoster ont exposé chacun une belle etgrande carde à cylindres, pour les étoupes, du système de M. Fairbairn,comme celle que nous avons représentée dans la 2 e liv. du tome ni, maisqui est exécutée dans des dimensions moins considérables que celles adop-tées par ces habiles constructeurs. Ils ont également présenté des bancs àbroches et quelques autres métiers pour la filature du lin, et qui ne laissentévidemment rien à désirer sous le rapport de l’exécution, comme souscelui du bon marché.
M. Grün avait aussi envoyé avec divers métiers de préparation, propresà la filature du lin et du chanvre , un banc à broches, qui est arrivé toutbrisé par le transport, et a dû être remporté. Ce n’est malheureusementpas le seul accident de ce genre que l’on ait à déplorer, et qui prouvecombien le roulage se fait mal en France . Quoi qu’il en soit, on sauraapprécier la capacité de ce constructeur, que l’on peut aisément juger parson étaleur à vis (2), comme par ses autres appareils , ses instruments etses pièces détachées de filature (3).
Tout le monde a dû remarquer le grand et double appareil en tôle ,construit par M. Gaudrv, de Rouen , et inventé par MM. Waddington etHopwood, pour opérer, par une circulation de vapeur forcée, le blanchi-ment des tissus. Cet appareil, que nous avons eu l’autorisation de releverpour le publier prochainement, peut opérer sur 100 et même 200 pièces àla fois, avec une économie de temps considérable par rapport aux procédésordinaires. Nous le donnerons avec celui de M. Descroizilles, qui est bienconnu déjà dans les blanchisseries. Nous y ajouterons la nouvelle et bienintéressante machine de M. Pluchart, de Saint-Quentin , laquelle a pour
(1) Nous donnons dans le 3e vol. une notice historique fort étendue sur la filature de lin et dechanvre, par M. de Girard.
(2) Nous avons donné dans la 6e livr. du t. m, le dessin détaillé et la description d’un étaleur àlin long, de Fairbairn (système à vis), avec des notes sur le système à chaînes; nous compléte-rons ce sujet avec les autres machines relatives à la filature du lin et du chanvre.
(3) Nous avons surtout remarqué avec intérêt un petit instrument propre à vérifier la rondeurdes broches de filature, et des petits engrenages à denture fine en bois, taillés dans des rondelles,et ajustés dans des boîtes en fonte, pour être appliqués au mouvement des métiers, Nous feronsconnaître ce genre de construction qui peut avoir de bonnes applications dans bien des cas.