PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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Quant au pouvoir calorifique des différents combustibles, il résulte que,pour des poids égaux, l’effet de la tourbe = 96, et celui de la houille 250,lorsqu’on considère comme égal à 100 celui du bois.
La grande diversité qu’on rencontre dans les combustibles, sous le rap*port de leur qualité naturelle et de leur composition, aussi bien que leurdegré de sécheresse, ne peuvent guère servir à établir des points de com-paraison entre ces derniers résultats et un autre cas quelconque, et il estbien certain qu’il y a des tourbes qui, à poids égal, développent plus dechaleur que le bois ; mais les résultats sur les divers modes de constructionde fourneaux ont un mérite plus réel, attendu qu’on y remarque une ré-gularité et des lois dont il est facile de se rendre compte.
Disons, en terminant ce sujet, que l’ingénieur en chef des manufacturesroyales des tabacs, M. llolcroft, a observé, et avec lui plusieurs ingénieurset mécaniciens recommandables, qu’il est de la plus grande importance defaire en sorte que la vapeur soit sèche. Il faut éviter, autant que possible,d’employer de la vapeur humide, parce qu’elle entraîne avec elle de l’eauqui passe dans les conduits et jusque dans le cylindre. A cet effet, ondoit toujours placer sur les chaudières des réservoirs de vapeur très-élevés,de l m 50 à 2 m par exemple, pour que l’eau soit moins susceptible d’ètreentraînée.
Il est évident que l’eau amenée par la vapeur dans les divers conduitsqu’elle doit parcourir produit une double perte, puisque d’un côté elle nuità l’action de la vapeur, et de l’autre elle a été chauffée inutilement. Deplus, comprimée, refoulée dans son parcours, elle tend à ouvrir les jointset à produire des fuites, et comme elle est aussi plus susceptible d’en-traîner avec elle du gravier ou d’autres matières en dissolution, elle rongeplus facilement les surfaces sur lesquelles elle passe.
Il faut aussi que les tubulures de communication des bouilleurs avec lachaudière soient d’un grand diamètre et le plus rapprochées possible, afinque les joints se conservent plus longtemps sans se détruire. On conçoit,en effet, que comme la chaleur est souvent sensiblement plus grande dansles bouilleurs que dans la chaudière, les effets de la dilatation ne sont pasles mêmes ; par conséquent, si les tubulures sont très-écartées, les diffé-rences seront plus sensibles et tendront plus à détruire les joints.
Nous espérons avoir à parler bientôt du nouveau système de M. Ador,pour la production de la vapeur par la combustion des gaz, système quipermet de brûler complètement la fumée et paraît procurer une grandeéconomie sur le combustible.
Nous parlerons également de la nouvelle chaudière tubulaire de M. Le-maître, et du nouveau système de grille à haute nervure de M. Wissocq(fig. 12, pl. l re ), comme du système de grille à tubes intérieurs remplisd eau de M. Bigot d’Elbeuf (fig. 13), du dégage-grille de M. Sorel, et de lagrille à mouvement intermittent et saccadé de M. Cartier.