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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
marche même de la machine, en faisant mouvoir les glissières des deuxcylindres à vapeur, par les tirants d’excentriques qui sont libres, c’est à-dire par ceux qui déterminent la marche en arrière, quand ceux opposés,qui déterminent la marche en avant, commandent les tiroirs de distri-bution , et réciproquement. Or, le levier qui communique le mouvementdu tirant à la glissière est à coulisse, de manière à permettre de varier salongueur à volonté, et par suite la course de cette dernière. Par conséquent,lorsqu’on veut changer le degré de détente, il suffit au conducteur del’appareil d’agir sur une manette placée à sa portée, et qui se relie par unelongue tringle au levier à coulisse ; il soulève alors le point d'attache, oule fait baisser, pour le rapprocher du centre du levier ou l’en éloigner,suivant qu’il veut diminuer ou augmenter la course.
Il est peut-être bon de remarquer que, dans chacun de ces systèmes onne peut toujours pas changer la détente dans une limite de plus de la moitiéde la course du piston. Ainsi,.lorsque la machine est construite de manièreque la détente varie dans la deuxième moitié de la course, on ne peut pasfaire qu’elle puisse aussi être variable dans la première moitié, et réci-proquement. Le problème de rendre la détente variable, pour une machinedonnée, pendant la plus grande partie de la course, c’est-à-dire depuis le1/8 ou le 1/9 par exemple, jusqu’aux 7/8 ou 8/9, ne nous paraît pas encoreavoir été résolu pour les locomotives. Cependant nous devons dire, dèsà présent, que M. Trèsel, ingénieur mécanicien, à Saint-Quentin , a résolucette question d’une manière complète pour les machines fixes, et nousne serions pas étonné qu’un jour il en pût faire l’application aux loco-motives. Comme le système employé par cet habile constructeur est véri-tablement remarquable, nous nous réservons de le faire connaître dans lecourant de ce volume, où nous nous proposons de traiter, avec quelquesdétails, les divers systèmes de détente appliqués aux machines à vapeur,en général. M. Trèsel a demandé un brevet d’invention de 15 ans, en jan-vier dernier, pour ce nouveau mécanisme, qui, nous n’en doutons pas, serépandra bientôt en France et à l’étranger.
Le 15 mars 1SÏ3, MM. A. Kœchlin et C% de Mulhouse , prirent aussi linbrevet d’invention de 15 ans pour une nouvelle détente variable appliquéeaux machines locomotives. Leur système consiste en un tiroir de distri-bution percé de deux ouvertures, et sur lequel peut glisser une plaquerectangulaire ou glissière plate, qui occupe toute l’ctendue de la partiesupérieure du tiroir; cette glissière est percée, dans son milieu, d’uneouverture au moins égale à l’une des deux lumières d’introduction. Pourlui donner le mouvement, les constructeurs ont proposé de monter auxdeux extrémités de l’essieu coudé, un excentrique additionnel à gorge,dont ils peuvent changer l’angle d’inclinaison, pour augmenter la limitede la détente. A cet effet, ils assujettissent aux bouts de l’arbre moteur, undisque circulaire dont la douille est tournée pour recevoir l’excentriquequ’ils rendent fixe ou indépendant au moyen de deux vis de pression. Ou