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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
extraordinaire du niveau de l’eau dans les chaudières, quelle que soit lacause de cet abaissement.
On sait que la plupart des flotteurs encore en usage dans les chaudièresà vapeur, sont loin de remplir les conditions voulues ; jusqu’à présent,les meilleurs indicateurs de niveau, qui ont paru, sont ceux à tubes deverre ; mais ils ne sont pas exempts d’inconvénients, tant à cause de leurfragilité que de leur peu d’exactitude à marquer un niveau vrai, à causedes oscillations d’une très-grande étendue, dans les chaudières de bateauxou de locomotives, par l’obstruction des tuyaux et robinets de communica-tion , et enfin par la perte de transparence de ces tubes.
Bans les chaudières des bateaux à vapeur, et surtout dans les machineslocomotives, où l’on ne peut employer le flotteur ordinaire , on se sert derobinets-jauges placés à des hauteurs différentes; mais on conçoit qu’ilsne peuvent donner que des indications grossières, et que , dans plusieurscas, elles pourront être tout à fait fausses, car, si la vapeur se produit àune haute pression, il peut arriver qu’au moment où l’on ouvre le ro-binet jaugeur, l’eau soit soulevée au-dessus de son orifice et détermineune élévation artificielle, tandis que le niveau se trouverait réellementplus bas sans cette circonstance. Un effet contraire peut aussi se pré-senter dans les chaudières à basse pression, lorsque la pression de l’airatmosphérique se trouve accidentellement supérieure à la force élastiquede la vapeur, auquel cas l’eau qui est au-dessus de l’ouverture du robinetest refoulée au dessous et ne laisse sortir ni vapeur ni eau. Les oscillationssont encore des causes qui empêchent de s’en rapporter entièrement àces robinets.
Les anciens flotteurs adaptés aux machines fixes, peuvent encore moinsdonner des indications de niveau exactes. La tige qui suspend le flotteur,a besoin d’être assez grosse pour résister à son poids et aux balancementscontinus que leur imprime l’eau, et pour que l’on puisse faire le joint ; cettecondition oblige de serrer le presse étoupe, ce qui empêche que le flotteurpuisse suivre facilement les diverses variations du niveau d’eau, et obligeles chauffeurs à le faire mouvoir à la main pour s’assurer de sa mobilité,par conséquent, une attention toute particulière qu’il est difficile d’obtenir,puisque rien que la vue peut annoncer que le niveau d’eau est trop élevéou trop bas.
Cet inconvénient était senti depuis longtemps ; on avait songé d’y ajouterun sifflet qui devait annoncer l’abaissement du niveau; mais ces flotteursà sifflet n’ont pas été construits avec tout le degré de précision qu’ilsdoivent posséder; ils furent peu employés et même abandonnés quoi-que la première application , qui paraît être due à M. A. Sieb, remontedéjà à 1824.
C’était pour remédier à ces divers inconvénients que M. Chaussenota apporté des perfectionnements aux indicateurs à sifflet que l’on trouveradécrits dans le 39 e volume des bulletins de la Société d’encouragement.