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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
qu’on laissait au plongeur, était un inconvénient pour lui, qui devait sedéranger souvent dans ses recherches pour ouvrir et fermer le robinet, etl’embarrassait quand il était saisi d’une pièce de grande dimension, aupoint qu’il se voyait quelquefois obligé de la laisser pour aller renouvelerl'air. L’expérience a donc dû faire abandonner cette modification apportéepar M. Spalding. On a reconnu qu’il y avait plus de sûreté pour les plon-geurs à confier la manœuvre de l’appareil à des hommes uniquement char-gés de ce soin plutôt qu’aux plongeurs, que l’occupation à d’autres objets,dans une situation plus ou moins gênée, rendait moins habiles à se diri-ger eux-mêmes ; c’est du reste ce qu’on a souvent pratiqué dans diversesmanœuvres sans qu’on ait remarqué rien de dangereux.
Dans les travaux hydrauliques du port de Cherbourg (1), on fit aussiusage d’une cloche a plongeur dont la forme était un cône tronqué quiavait à son sommet, à l’intérieur, l m 615 de diamètre, à sa base l m 7G1 , etpour hauteur verticale l m 94. Elle était en bois cerclé par des frottes enfer ; sa construction ressemblait beaucoup à celle établie par le docteurHalley; on était obligé d’ajouter du lest pour faciliter son immersion, etl’air y était introduit dans son intérieur par des tonneaux, comme il a déjàété expliqué dans la cloche du docteur Halley. On avait bien songé à faireintroduire l’air au moyen d’une pompe pneumatique , mais le diamètre dela pompe n’étant pas assez fort pour obtenir une quantité d’air suffisante,on était obligé de donner à la pompe une vitesse trop grande, et onreconnut bientôt qu’il en résultait un dégagement de calorique très-con-sidérable qui échauffait l’air introduit dans la cloche.
La cloche dont on a fait usage dans ces derniers temps à Plymouth et àLondres a beaucoup d’analogie avec celle qui a été construite l’année der-nière par M. Nillus, du Havre, et dont nous donnons la description ci-après;elle était en fer fondu, de forme quadrangulaire légèrement conique, de 2mètres de longueur sur 1”‘30 de large, et de l m 30 à l m tiO de hauteur. Ason sommet se trouve une ouverture après laquelle s’adapte le tuyau decuir qui amène l’air; d’autres ouvertures y sont aussi pratiquées pour placerdes verres lenticulaires de 80 à 110 millimètres de diamètre, et d’une épais-seur telle qu’ils peuvent supporter une très-forte pression sans se briser.
Le bateau qui doit porter l’appareil du Hâvre est ponté afin de recevoirtout le mécanisme des pompes à air et du treuil, et pour qu’il puisse danstous les cas résister aux coups de vents ou à l’action des courants, on peutprendre le soin de l’amarrer au fond de l’eau. Une cloche construite de lasorte dispense de l’emploi de poids additionnels propres à la faire des-cendre et la rend moins sujette aux avaries et aux accidents imprévus;la cloche conserve par sa gravité la fixité et la stabilité qui seules peuventprocurer aux plongeurs l’aisance dont ils ont besoin pour vaquer à leurstravaux.
(I) Bulletin de la Société d’encouragement, loin, xix, pag. 290.