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PUBLICATION INDUSTRIELLE,
ne s’allongent et ne s’usent presque point; elles durent par conséquenttrès-longtemps et n’ont nullement besoin de tendeurs. De cette faible ten-sion des courroies résulte un autre avantage, c’est que les tourillons n’ap-puient que faiblement sur leurs coussinets, nouvelle source de conservationdes organes de la machine; car qui ne sait que, dans les transmissions demouvement où les courroies, employées sans discernement, sont exposéesà de fortes tensions, on éprouve à la fois une grande déperdition de forcemotrice et une usure rapide des pièces frottantes?
Les avantages des cylindres à papier, mus par courroies, sont aussi nom-breux qu’évidents ; ils peuvent se résumer ainsi :
1° On a toute facilité de placer les cylindres à des hauteurs différentes,et dans des positions différentes, si la localité l’exige.
2° On peut leur imprimer le mouvement par un arbre de couche placé,soit au-dessus, soit au-dessous de l’atelier ; cette dernière disposition est, engénéral, celle àlaquelle on est conduitpar la disposition des lieux. On voitalors que, l’arbre de couche moteur pouvant être placé au rez-de-chaussée,à plusieurs mètres en contrebas des cylindres, on évite ces grands rouageséchelonnésqui, dans le système des cylindres mus par engrenages, occupentbeaucoup de place et exigent des constructions très-solides et appropriéesà l'usage spécial auquel on les destine. — Ici, au contraire, tout atelier,pourvu qu’il soit suffisamment spacieux, peut convenir.
3° On peut arrêter chaque cylindre isolément en faisant passer la courroiesur la poulie folle , avantage que ne peuvent avoir les cylindres mus parengrenages et qui.permet de gagner beaucoup de temps, surtout quand laforce motrice éprouve des variations.
4° On rend impossibles la plupart des accidents qui, dans le systèmeordinaire, désorganisent si souvent les papeteries. On conçoit en effet quesi, par maladresse des ouvriers ou autrement, quelque obstacle subit etinsurmontable vient à soulever le cylindre ou à l’arrêter, il ne peut enrésulter aucune rupture, si ce cylindre est mu par courroie.
5" Enfin, on rend le mouvement beaucoup plus doux, plus régulieret sans soubresauts.
Longtemps avant d’avoir appliqué les courroies à la mise en mouvementdes cylindres à papier, MM. Callon et fils avaient adapté à ces cylindres unautre perfectionnement, également important, qui consiste à lever ou bais-ser l'arbre du cylindre parallèlement à lui-même , c’est-à-dire par les deuxtourillons à la fois. Lorsqu’on ne fait lever ou baisser l’arbre que par un bout(ainsi que cela a lieu ordinairement), les lames du cylindre ne peuvent êtreparallèles à celles delà platine que pour une seule positiondu cylindre. Pourtoutes les autres positions, il est évident que l’écartement actuel des lames,en supposant qu’il soit convenablement réglé par un bout du cylindre, esttrop grand ou trop petit pour l’autre bout. En corrigeant ce défaut, on devaitdonc obtenir, et on a obtenu en effet, une trituration meilleure et plusprompte, toutes choses égales d’ailleurs. — I)e plus, on a pu employer