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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
ment tassée que l’eau s’y introduirait difficilement, et pourrait, par la lon-gueur du séchage, incommoder les animaux.
Le lavage préalable à chaud est plus usité, et en même temps plus com-plet; les toisons, séparées par qualités (1), sont mises dans des cuves decapacité convenable, qu’on remplit d’eau chauffée à 45 degrés centigradesenviron; on les laisse ainsi tremper, sans les remuer, 18 à 20 heures : unepartie de leur suint s’y dissout, et cette première eau devient le principalagent de dégraissage ; on en remplit des chaudières, et l’on élève le liquideà une température de 70 à 75 degrés. L’eau arrivée à ce point, on y plongeaussitôt la laine par petites portions; elle y est remuée et soulevée conti-nuellement à l'aide d'un bâton lisse. Après quelques minutes, on la retireavec une petite fourche pour la placer dans des paniers suspendus au-dessusdes chaudières, afin de perdre le moins possible de l’eau saturée du suint;on remplace par de la môme eau celle dont la perte n’a pu être évitée. Lespaniers, pleins de cette laine égouttée, sont ensuite apportés aux lavoirs,placés généralement au bord d'une rivière, dont l’eau doit être pure pourque le savon puisse s’v dissoudre.
M. le baron de Poiféré de Gère, a décrit, en 1811, dans une instructionsur les bêtes à laine, un procédé de lavage qui consistait, après en avoirfait un triage préalable, à remplir des cuves d’eau chaude jusqu’aux deuxtiers de leur capacité; la laine y était immergée pendant un temps assezcourt, et ensuite était enlevée par des enfants qui la pressaient avec leurspieds pour en exprimer l’eau de suint. Puis la laine était divisée par poi-gnées et apportée par d’autres enfants sur le bord du lavoir, où elle était denouveau divisée et jetée par poignées ; là deux hommes agitaient alternative-ment les deux jambes pour refouler l’eau et diviser les flocons de laine; quatreouvriers, placés à la suite des deux premiers, répétaient le même mouve-ment : quatre autres ouvriers, placés également à la suite des précédents,ramassaient la laine à mesure qu’elle était amenée par le courant; ils enformaient des paquets, en exprimant l’eau sans la tordre ni la corder, et lajetaient sur un plancher ; un enfant la prenait pour la porter sur unégouttoir, où elle restait pendant 24 heures, puis on la portait sur uneprairie, où elle était étendue en petite partie pour accélérer le séchage. Telfut le lavoir d’Alfaro qui fut détruit par la guerre (2).
C’est surtout depuis quelques années que l’on s’occupe d’apporter desaméliorations dans cette opération du dégraissage et du lavage des laines,à en juger au moins par les brevets demandés pour cet objet. Nous ne trou-vons, en effet, jusqu’au commencement de 1840, que deux ou trois brevets
(1) On distingue quatre sortes de laine dans la même toison de mérinos: la première qualité setrouve sur le dos, depuis le cou jusqu’à environ 16 cenlimèlres de la queue. La deuxième qualitécouvre les flancs de la bêle et s’élend depuis les cuisses jusqu’aux épaules. La troisième qualité en-vironne le cou et recouvre la croupe. Enfin la quatrième qualité recouvre la partie du devant du couet le poitrail, jusqu'au bas dns pieds, en y comprenant une partie des épaules depuis les deux fesses,jusqu’au bas du train de derrière.
(2) Dictionnaire technologique , tom. xn, p. 183.