PUBLICATION INDUSTRIELLE. 181
voir plus loin que, comme la vitesse du second est un peu plus grande quecelle du premier, il y a un étirage entre eux , mais très-faible.
Au-dessus des cannelés sont les cylindres de pression, qui ont pour objetde forcer les mèches à s’appuyer sur les premiers, afin d’être entraînées pareux dans leur marche. Ces cylindres sont en bois, traversés par des axesen fer, et recouverts de peau ou de cuir , pour que leur surface soit plusdouce et plus durable. Chaque axe a la longueur nécessaire pour porterdeux cylindres semblables, comme l’indique le plan figure 2. Les tourillonssont portés par moitié dans des coussinets en cuivre, ajustés dans des es-pèces de supports à fourchette p' , qui reçoivent en même temps les cous-sinets des tourillons des cannelés. Ceux-ci sont ordinairement à huit têtes,c’est-à-dire que sur leur longueur on forme huit parties cylindriques quel’on a tournées au diamètre de 32 millimètres, et sur lesquelles sont prati-quées les cannelures correspondantes aux cylindres de pression ; cette dis-position fait alors généralement donner aux bobinoirs 16, 24 à 32 têtes. Cesont surtout les derniers bobinoirs, ceux qui doivent fournir la laine auxmétiers mull-jennys, qui portent le plus grand nombre de têtes.
La pression des cylindres V et m 'sur les cannelés n’a pas seulement lieupar leur propre poids, mais encore par des contre-poids additionnels J ,auxquels on a donné la forme elliptique, et que l’on suspend directementpar des tiges à crochets au milieu des traverses en fer q ’, qui se prolongentde chaque bout pour s’appuyer sur les axes des cylindres. Ces contre-poidssont disposés de manière que la répartition de leur charge soit égale par-tout. Comme ils pèsent chacun 3,5 kil., il en résulte que la charge sur cha-que cylindre équivaut à 0,875 kil.
Des peignes circulaires. — Aussitôt que les mèches de laine sor-tent des seconds cannelés W, elles passent sur la circonférence des peignescirculaires K, qui en étirent les filaments, les divisent et en rétablissent leparallélisme, afin d’éviter le feutrage. Ces peignes, qui sont aujourd’huiemployés préférablement à tous autres, dans tous les métiers de prépara-tion, depuis la réunisseuse, forment les parties essentielles, l’âme de cha-cune de ces machines. Leur forme cylindrique a été reconnue la plus con-venable, celle qui se prête le mieux au travail continu de la laine ; elle estaussi d’une construction plus facile, plus durable ; elle peut d’ailleurs se faireavecplus d’exactitude que tout autre. Ils sont surtout indispensables mainte-nant dans les bobinoirs et autres et paraissent remplacer les peignes àbarrettes de M. Laurent (1), que l’on emploie cependant encore avec avantage
(1) La France a conquis et elle conserve une grande supériorité dans la production des fils et tissusmérinos. Celle supériorité tient en partie à l’adoption du peigne cylindrique à hérisson, qui a beau-coup facilité la préparation, et par suite le filage de la laine peignée. Or, l’inventeur de ce peigne,M. Laurent, l’un des plus anciens constructeurs mécaniciens de Paris , loin d'en avoir tiré parti, estréduit aujourd’hui à une position critique. On a publié à ce sujet, dans le Siècle du 9 décembre l’ar-ticle suivant:
« Les principaux fllateurs de laine ont résolu de venir, au moyen d’une souscription publique, ausecours de M. Laurent, qui obtiendra ainsi une véritable récompense nationale. Les manufacturiers