PUBLICATION INDUSTRIELLE,
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RÉSULTATS
d’expériences faites
SUR LA TURBINE FONTAINE.
MM. Alcan et Grouvelle se sont rendus sur les lieux au mois d’août dernier, etont procédé aux expériences qui ont donné lieu au rapport suivant :
« Nous avons été aidés dans nos expériences par M. Candelot, propriétaire dumoulin, qui a bien voulu mettre plusieurs jours de suite son usine et ses ouvriers ànoire entière disposition, et nous a assistés de ses soins personnels, et, nous devonsle dire, de la plus honorable impartialité. M. Fontaine est resté avec nous pendantles trois premiers jours. M. Taffe, invité à assister à ces épreuves, n’a malheureuse-ment pas pu s’y rendre ; mais le commandant du génie, M. Gosselin, un de nosamis, qui avait précédemment contesté les résultats obtenus par M. Taffe, sur laTurbine-Fontaine de Vadenay, s’est empressé de concourir avec nous à la fixationde la marche à suivre, aux nivellements et opérations préliminaires, et à une partiedes expériences de la première et deuxième série.
« Les turbines du moulin de Vadenay sont placées aux deux extrémités du bâti-ment, chacune d’elles reçoit les eaux de la Noblette , par un canal muni d’un gril-lage en fer plat, et les verse en aval dans un large bassin, la Turbine-Fontaine parun canal de 2 m ,25 de largeur, et de 24 mèt. de longueur, et la Turbine-Fourneyron,presque directement.
« Le seul moyen de mesure commun aux deux turbines était donc un déversoirque l’on plaça au bas du bassin, à l’entrée de la rivière d’aval, à plus de 10 mèt.du canal de fuite le plus rapproché, et par conséquent hors de toute action de lavitesse de dégorgement.
» Ce barrage, solidement construit, et de 0 m ,70 d’épaisseur, ne laissait aucunpassage aux eaux ; ses parois verticales et son fond parfaitement horizontal, surtous les sens, étaient formés de planches solidement fixées.
« Un repère a été établi à 5 ou 6 mèt. de distance du déversoir, pour mesurerles variations de niveau des eaux du bassin, et par conséquent l’épaisseur de lalame d’eau, c’est-à-dire la hauteur générale des eaux du bassin, au-dessus du seuilde ce déversoir ; ce repère consistait en une forte traverse de bois fixée invariable-ment sur des pilotis, et au milieu de laquelle passait à frottement une tige de fer,dont la pointe était à volonté amenée en contact avec la surface de l’eau.
« Des coups de niveau à lunette, donnés à deux jours d’intervalle, ont déterminél’abaissement moyen du seuil du déversoir, en contre-bas de notre repère.
« Nous avons craint que, de la position de ce repère dans la direction des eaux dela Turbine-Fontaine au déversoir, il ne résultât une surélévation de niveau dans lesobservations relatives à cette Turbine, bien que le bassin fût dix fois plus large quele canal de fuite; mais deux piquets plantés à fleur d’eau, l’un à coté du repère,l’autre hors de tout courant, nous ont complètement rassurés sur ce point.
» Le frein se composait, comme à l’ordinaire, d’un manchon de fonte fixé par