212
PUBLICATION INDUSTRIELLE.
séries d’aubes sont entièrement séparées par une cloison ou couronne dumilieu, par conséquent elles ne peuvent avoir aucune communicationentre elles; mais si l’une des séries seulement reçoit l’impulsion de l’eau,l’autre tourne en même temps entraînée par la première, puisqu’elles sontsolidaires, et ne forment qu’une seule roue.
Immédiatement au-dessus de cette turbine se trouvent aussi deux sé-ries de directrices fixes comprises également entre des couronnes ou cloi-sons cylindriques avec lesquelles elles sont fondues, de manière à ne for-mer qu’une seule pièce. Elles reçoivent deux rangs de vannes partielles,lesquels sont entièrement indépendants l’un de l’autre, de sorte qu’onpeut monter ou descendre les unes, pour régler les orifices qui donnententrée à l’eau dans la roue, sans faire bouger les autres, et réciproquement.
A cet effet, les vannes qui appartiennent au rang extérieur sont reliéespar les tiges verticales à un cercle commun en fer, et toutes celles quicomposent la série la plus petite se relient également par d’autres tiges àun second cercle commun d’un plus petit diamètre que le précédent. Onse rappelle que ces cercles ont pour objet de réunir toutes les tiges pourpermettre de monter ou descendre les vannes à la fois, ce qui peut sefaire avec facilité, comme nous l’avons fait voir.
On conçoit maintenant que lorsque le volume d’eau à dépenser seraconsidérable, on ouvrira les deux séries de vannes, et cette eau pourras’écouler à la fois par tous les orifices des deux turbines, conduites partoutes les directrices ; et, au moyen de toutes les vannes, on pourra réglerla puissance proportionnellement à la résistance à vaincre en marchant àla vitesse voulue et déterminée d’ailleurs à l’avance.
Lorsque, au contraire, le volume d’eau disponible sera notablementréduit, on pourra ne distribuer cette eau que sur l’une des deux sériesd’aubes, en prenant d’ailleurs celle que l’on jugera le plus convenablepour produire le plus grand effet utile possible.
On voit donc que, par un tel système, on pourra faire marcher le mo-teur avec avantage, dans des circonstances très-variables, puisque, d’unepart, on peut régler la dépense d’eau par les deux séries de vannes par-tielles â la fois, et que, d’un autre côté, on peut le faire par l’une de cesdeux séries, en maintenant l’autre entièrement fermée. Il n’est évidem-ment pas nécessaire de prouver qu’avec une telle disposition, on pourratoujours réaliser, dans chaque cas, des effets utiles plus considérablesqu’on n’a pu le faire avec tous les systèmes proposés ou mis à exécutionjusqu’ici. Elle permet aussi de réunir plus d’avantages que deux turbinesséparées, sans en avoir les inconvénients, d’être beaucoup moins dispen-dieuse à établir, d’éviter la double transmission de mouvement que cesdeux turbines exigeraient, de marcher toujours à la même vitesse, et deconserver le maximum d’effet utile que l’on doit obtenir.
M. Fontaine s’est assuré le privilège de cette nouvelle disposition deturbine double par un brevet d’invention de quinze ans.