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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
dessus d’une bâche de même longueur, qui est divisée en compartiments.La fécule, qui provient de la râpe, est amenée dans une caisse ou auge enbois située à la partie !a plus déclive du plan incliné. Là, deux chaînessans fin, recevant chacune le mouvement de deux tambours, l’entraî-nent sur les deux rangs du châssis et la conduisent par une frictioncontinuelle jusqu’à la partie supérieure du plan incliné, où la pulpe épui-sée est déversée au dehors. Sur toute la longueur du plan incliné est éta-bli un tuyau percé d’une infinité de trous par lesquels s’injecte l’eaucontenue dans ce tuyau sur la pulpe; la fécule, entraînée à travers la toilemétallique des châssis, tombe dans un des compartiments de la bâche, si-tuée au-dessous, et revient au moyen de tubes sur le châssis inférieur.L’eau se charge de plus en plus de fécule, en passant successivement surtous les châssis, et sort enfin du dernier compartiment de la bâche pourse réunir dans des cuves de dépôt. Cet appareil est construit sur unprincipe très-rationnel, car, d’un côté, l’eau se charge de plus en plus defécule en rencontrant de la pulpe de plus en plus fraîche ; d’un autre côté,au contraire, la pulpe de plus en plus épuisée est lavée par de l’eau de plusen plus pure ; mais ce tamis présente un grand inconvénient, à cause del’emplacement qu’il exige ; il doit avoir une longueur considérable pourparvenir à épuiser la pulpe complètement, et donne lieu à de fréquentesréparations (1).
M. Dailly, pour remédier à l’inconvénient du tamis Lainé , l’a diviséen deux parties placées dans une position à peu près parallèle, mais l’unese trouvant au-dessus de l’autre à 0 in ,35. La pulpe arrivée à la partie su-périeure du premier tamis est remontée sur le tamis supérieur, d’où elleredescend jusqu’au point de départ de la pulpe fraîche , toujours entraî-née par la chaîne sans fin. Elle tombe alors dans une rigole qui la con-duit au dehors. Avec ce tamis, double, on peut en dix heures épuiser160 hectolitres de tubercules réduits en pulpe.
M. Saint-Étienne a cherché, avec son fils, à perfectionner le tamis in-cliné de M. Lainé , sous le rapport de l’emplacement; leur tamis, qu’on apu remarquer à la dernière exposition , se compose de plusieurs châssis entoiles métalliques, placés horizontalement et superposés les uns aux autres;la pulpe tombant de la râpe sur le châssis inférieur est successivement mon-tée au moyen de chaînes sans fin sur tous les tamis; elle sort épuiséede dessus le châssis le plus élevé. Cette disposition, qui n’a pas encore été,à notre connaissance, suffisamment employée, ne nous permet pas de don-ner les résultats plus ou moins satisfaisants qu’elle a pu produire.
Tamis de Vernier . — Des constructeurs de machines ont cherché àréunir les avantages de continuité et d’épuisement complet de la pulpe queprésente le tamis incliné, dans des appareils plus simples, plus faciles àconduire et moins étendus que ce même tamis. M. Vernier paraît être le
( 1 ) M. Dumas, Chimie appliquée aux Arts , lom. ti , pag. 119 et suiv.