PUBLICATION INDUSTRIELLE,
231
NOTICES INDUSTRIELLES.
DES MACHINES ET APPAREILS EMPLOYÉS DANS LES USINES A FER,
PAR MM. LAURENS ET THOMAS, INGÉNIEURS A PARIS .
Occupés spécialement depuis plusieurs années de la construction desusines métallurgiques, MM. Laurens et Thomas ont apporté des améliora-tions notables dans cette branche d’industrie. Nous avons fait connaître lesbelles applications qu’ils ont faites des gaz combustibles (tom. 2°), soit àTreveray, soit ailleurs ( 1) ; nous allons signaler quelques-uns de leurs per-fectionnements aux machines de forges.
On sait que dans une usine à fer la machine à vapeur et ses communica-tions de mouvement aux laminoirs et aux outils, prennent une grandepartie du capital engagé. MM. Laurens et Thomas ont fait porter l’économiesur ce point, tout en conservant la puissance et la solidité, conditions essen-tielles dans une forge. Ils suppriment les grandes transmissions, enemployant la vapeur elle-même pour transporter la force et la distribueraux divers appareils; les cylindres-vapeur dégagés alors des accessoires desmachines ordinaires, sont appliqués directement aux trains des laminoirssans engrenages, ou bien avec un seul engrenage ; car on prévoit que dansles vitesses des pistons-vapeur, comme dans cette division du moteur, cer-taines limites ne doivent pas être dépassées : leurs premières machines,établies ainsi, fonctionnent régulièrement depuis 1838. En général, ilsplacent horizontalement les cylindres-vapeur, cependant cette circon-stance ne caractérise pas leurs machines de forge, puisqu’au besoin cescylindres peuvent être placés verticalement.
Quoique dans les usines à fer on ait les chaleurs perdues pour chaufferles chaudières, il est très-opportun de donner la préférence aux machinesà vapeur qui réalisent le maximum d’économie en charbon, et par consé-quent en vapeur. Le résultat sera, pour une machine consommant moitiémoins qu’une autre, une diminution de moitié environ dans le poids deschaudières nécessaires à son service ; c’est déjà une économie de premierétablissement. Une considération plus puissante vient encore à l’appui dece choix ; c’est que d’une quantité de chaleur perdue donnée, on tirera uneplus grande force motrice ; et assurément un des premiers éléments de labonne fabrication, c’est la force. MM. Laurens et Thomas sont arrivés àconstruire des machines dont la consommation, même pour des forces de
(I) Les forges de Treveray livrent au commerce, depuis 1841, les produits qu’elles fabriquent augaz. Le procédé est donc sanctionné par l’expérience ; il est manufacturier à Treveray et dans lesusines qui l'ont adopté.