PUBLICATION INDUSTRIELLE.
240
la tringle s , est repoussée de bas en haut ; cette bouterolle prend la placedu tas de la machine précédente, et le poinçon a' qui se trouve au-dessus,au lieu d’être au-dessous, prend à son tour la place de la bouterolle ; seu-lement dans la nouvelle machine, au lieu d’être fixe, il est mobile, il peutmonter et descendre. Ainsi, ajusté dans le bout du mandrin B', il descendavec lui au moment même où l’on tire la tringle qui, par son coin, faitmonter la bouterolle.
Comme cet appareil n’est encore établi que pour marcher à brasd’homme, on comprend qu’il faut trois ouvriers: le premier, qui est lechef, chargé de placer la tôle sous l’action des poinçons; un second, placéen tête, pour manœuvrer le levier qui fait descendre le porte-tas, et letroisième, placé au bout de la colonne, pour manœuvrer le grand levierterminé par un secteur denté engrenant avec la crémaillère, qui fait partiede la longue tringle s. L’enfant chargé d’apporter et d’introduire les rivetsdans leurs trous n’a aucune peine, puisqu’il les fait entrer par le dehors, aulieu de les introduire par le dedans, comme dans les autres appareils.
Il est aisé de comprendre que, par cette disposition fort simple, on peutarriver à river des tubes d’une grande longueur, ce qu’il est de toute impos-sibilité d’obtenir avec toutes les autres machines existantes. En effet, lacolonne horizontale A' a près de 4 mètres de longueur totale, par con-séquent , on peut sans difficulté assembler des feuilles formant ensembledes tuyaux de 5, 6 et même 7 mètres de long, en les suspendant au moyende mouffles, comme le fait M. Lemaître, pour éviter que les hommesn’aient la charge à soutenir. C’est ainsi que M. Lemaître a construit seslongues poutrelles de 5 à 6 mètres, qu’il a été chargé de faire pour un pontfort léger en fer, dont toute la charpente principale n’est autre qu’une suitede tuyaux cylindriques en tôle de 5 à 6 millimètres d’épaisseur. Elle peuts’appliquer aussi avec avantage à la confection des cheminées en tôlecomme on en construit tant aujourd’hui, soit pour les locomotives, soitpour les bateaux , soit même pour les machines fixes.
EXPÉRIENCES SUR LES MACHINES A PERCER ET A RIVER,
DE M. LEMAITRE.
M. Lemaître, avec une obligeance toute particulière, et dont nous luitémoignons nos remerciements, a bien voulu faire en notre présence, surses machines à percer et à river, diverses expériences qui nous ont parutrop intéressantes pour que nous n’ayons pas le désir de les faire con-naître, aussi nous avons pris à cet effet toutes les notes nécessaires ; ellesconduisent à des remarques très-judicieuses, qu’un praticien éclairé etobservateur comme M. Lemaître n’avait pas manqué de faire.
Tout le monde sait que la tôle de fer forgé est sensiblement plus forte quela tôle puddlée, à égalité d’épaisseur ; nous avons voulu constater dans unepremière expérience, quelle était celle qui présentait plus de difficulté à