Band 
Tome quatrième.
Seite
241
JPEG-Download
 

PUBLICATION INDUSTRIELLE.

241

percer, en les plaçant toutes deux dans les mêmes conditions. Nous avonsreconnu quavec un poinçon de 21 mm 7 de diamètre et une matrice dontlœil avait 25 mm 2, on traverse des tôles forgées de 12" dépaisseur, et destôles puddlées de 13 m , la pression de la vapeur dans la chaudière étantalors de 5,4 atmosphères. Il faut de plus, pour obtenir le percement sanshésitation , ouvrir, comme nous lavons dit, le tiroir dadmission de vapeurau cylindre très-rapidement, afin que le coup de piston soit très-brusqueet produise une espèce de percussion; sans quoi, si on ouvre le tiroir len-tement , de manière à faire marcher le piston avec peu de vitesse, lepoinçon vient sappliquer sur la tôle et ne la perce pas. Sur le fer forgé delépaisseur indiquée, cest tout au plus si on voit la marque du poinçon. Onne pourrait, dans tous les cas, que percer des tôles de peu dépaisseur, etencore faudrait-il donner souvent plusieurs coups pour les traverser entiè-rement, ce qui serait double perte de temps et de vapeur.

Il est bon de remarquer aussi que par cela même que le poinçon l était,comme nous venons de le dire, dun diamètre plus petit que louverture dela matrice a' (fig. 16, pl. 21), le trou obtenu dans la tôle après le percementétait sensiblement conique ; en effet, nous avons trouvé quil portait duncôté 21 mm 7 (exactement le diamètre du poinçon ), et de lautre 24 mm 5. Lesgoujons qui en sortent présentent également cette forme conique. Ainsi,quoique le poinçon nopère que sur une surface circulaire correspondanteà son diamètre de 21 mra 7, il forme cependant des trous dont le diamètre estplus grand à la face opposée; ce fer est refoulé, et, trouvant un espacepour sy loger, les goujons paraissent augmenter de volume.

Cette observation nous a conduit naturellement à prier M. Lemaître devouloir bien répéter lexpérience avec des matrices différentes, ce à quoi ilsest prêté de fort bonne grâce; nous avons pu nous convaincre que lestrous étaient toujours coniques, en raison de la différence qui existait entrele diamètre du poinçon et celui de louverture des matrices. Nous avonspris ensuite une matrice dont l'ouverture était, à 3/10 de millimètre près,de même diamètre que celui du poinçon, et nous avons alors obtenu destrous à très-peu près cylindriques, et, de plus, dune surface polie commeune glace, ce qui na pas eu lieu dans les expériences précédentes.

Une remarque très-importante que nous avons faite à ce sujet, cest quela force employée pour percer la tôle, dans ce dernier cas, est notable-ment plus considérable que lorsquil y a du jeu entre le poinçon et lamatière. En effet, nous navons jamais pu percer la tôle forgée de 12 mmdépaisseur, dun seul coup, avec le poinçon de 21 m7 et la matricede 22 mm . Il a toujours fallu donner deux coups de piston ; la pression de lavapeur dans la chaudière était également de 5,4 atm., et on ouvrait cepen-dant le tiroir très-rapidement pour produire le plus grand choc possible.Cest avec peine que lon a percé des épaisseurs de 10 mm .

On peut donc conclure des expériences qui précèdent, et déjà M. Le-maître lavait reconnu bien avant nous, que, dune part, les tôles forgées