PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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percer, en les plaçant toutes deux dans les mêmes conditions. Nous avonsreconnu qu’avec un poinçon de 21 mm 7 de diamètre et une matrice dontl’œil avait 25 mm 2, on traverse des tôles forgées de 12“" d’épaisseur, et destôles puddlées de 13” m , la pression de la vapeur dans la chaudière étantalors de 5,4 atmosphères. Il faut de plus, pour obtenir le percement sanshésitation , ouvrir, comme nous l’avons dit, le tiroir d’admission de vapeurau cylindre très-rapidement, afin que le coup de piston soit très-brusqueet produise une espèce de percussion; sans quoi, si on ouvre le tiroir len-tement , de manière à faire marcher le piston avec peu de vitesse, lepoinçon vient s’appliquer sur la tôle et ne la perce pas. Sur le fer forgé del’épaisseur indiquée, c’est tout au plus si on voit la marque du poinçon. Onne pourrait, dans tous les cas, que percer des tôles de peu d’épaisseur, etencore faudrait-il donner souvent plusieurs coups pour les traverser entiè-rement, ce qui serait double perte de temps et de vapeur.
Il est bon de remarquer aussi que par cela même que le poinçon l était,comme nous venons de le dire, d’un diamètre plus petit que l’ouverture dela matrice a' (fig. 16, pl. 21), le trou obtenu dans la tôle après le percementétait sensiblement conique ; en effet, nous avons trouvé qu’il portait d’uncôté 21 mm 7 (exactement le diamètre du poinçon ), et de l’autre 24 mm 5. Lesgoujons qui en sortent présentent également cette forme conique. Ainsi,quoique le poinçon n’opère que sur une surface circulaire correspondanteà son diamètre de 21 mra 7, il forme cependant des trous dont le diamètre estplus grand à la face opposée; ce fer est refoulé, et, trouvant un espacepour s’y loger, les goujons paraissent augmenter de volume.
Cette observation nous a conduit naturellement à prier M. Lemaître devouloir bien répéter l’expérience avec des matrices différentes, ce à quoi ils’est prêté de fort bonne grâce; nous avons pu nous convaincre que lestrous étaient toujours coniques, en raison de la différence qui existait entrele diamètre du poinçon et celui de l’ouverture des matrices. Nous avonspris ensuite une matrice dont l'ouverture était, à 3/10 de millimètre près,de même diamètre que celui du poinçon, et nous avons alors obtenu destrous à très-peu près cylindriques, et, de plus, d’une surface polie commeune glace, ce qui n’a pas eu lieu dans les expériences précédentes.
Une remarque très-importante que nous avons faite à ce sujet, c’est quela force employée pour percer la tôle, dans ce dernier cas, est notable-ment plus considérable que lorsqu’il y a du jeu entre le poinçon et lamatière. En effet, nous n’avons jamais pu percer la tôle forgée de 12 mmd’épaisseur, d’un seul coup, avec le poinçon de 21 m “7 et la matricede 22 mm . Il a toujours fallu donner deux coups de piston ; la pression de lavapeur dans la chaudière était également de 5,4 atm., et on ouvrait cepen-dant le tiroir très-rapidement pour produire le plus grand choc possible.C’est avec peine que l’on a percé des épaisseurs de 10 mm .
On peut donc conclure des expériences qui précèdent, et déjà M. Le-maître l’avait reconnu bien avant nous, que, d’une part, les tôles forgées