PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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plusieurs coups sur le même rivet, pour voir si la tête extérieure augmen-terait, et si les feuilles se rapprocheraient, mais nous n’obtînmes pas demeilleurs résultats, ce qui nous a parfaitement convaincu de l’effet qui seproduit dans cette opération, et que nous avons cherché à expliquer aucommencement de cette description, c’est-à-dire que le fer se refoule surlui-même, non-seulement aux extrémités, mais dans l’intérieur, et il tendpar cela à écarter les deux tôles, qui ne sont pas suffisamment maintenues.
Lorsque les rivures étaient ainsi produites sans la virole, nous voulûmesles refaire, en faisant agir alors cette dernière ; nous parvînmes à rappro-cher les tôles parfaitement, de sorte que l’on n’apercevait plus le moindrejeu ; les têtes des rivets portaient aussi beaucoup mieux sur elles, mais lamachine ne put jamais en faire changer leur volume; la tête extérieureparaissait toujours beaucoup plus faible que la tête intérieure ; ce qui secomprend au reste sans peine.
On conçoit alors maintenant, par de tels résultats, combien l’applicationdu canon ou de la virole mobile est importante dans une telle machine.Pour nous, elle nous a paru tellement essentielle, que nous ne craignonspas de la regarder, pour ce travail mécanique de la rivure des fortes tôles,aussi indispensable que le cuir embouti de Bramah, dans la presse hydrau-lique de Pascal.
Quant à la promptitude avec laquelle cette machine permet d’opérer, onconçoit qu’il faut, comme dans toute espèce d’appareils ou d’outils nou-veaux, former des hommes qui étudient, s’habituent avec toutes les piècesdu mécanisme ; lorsqu’on rencontre des ouvriers intelligents, ils acquièrentbientôt toute l’habileté nécessaire. Lors de nos expériences (c’était fort peude temps après que la machine venait d’être définitivement mise en place,les pièces accessoires, telles que le chariot mobile, n’existaient pas encore),M. Lemaître avait un nouvel ouvrier qui ne conduisait la machine quedepuis quelques jours, et qui, choisi simplement parmi les hommes depeine, n’avait pas encore toute l’habitude désirable. Il était aidé de deuxmanœuvres, dont le service était de soutenir et de varier la position ducylindre à river, puis de deux enfants de dix à douze ans, dont l’un faisaitchauffer les rivets dans un four à réverbère construit exprès et placé à côtéde la machine, tandis que l’autre apportait successivement ces rivets rougesqu’il introduisait dans les trous des feuilles par l’intérieur du cylindre.
Nous reconnûmes que, dans de certains cas, on pouvait marcher sensi-blement plus vite que dans d’autres; ainsi lorsqu’on opère, par exemple,sur le bord des feuilles, on éprouve moins de difficulté à les changer deplace, et à introduire les rivets, que lorsqu’on travaille au milieu d'ungrand et long cylindre qui est nécessairement plus embarrassant à manœu-vrer, et qui oblige l’enfant d’allonger le bras et de chercher, presque partâtonnement, le trou par lequel il doit faire entrer le rivet.
Dans l’une des expériences que nous fîmes, nous comptâmes 9 rivets misen place, et entièrement frappés, dans l’espace de deux minutes seulement ;