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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
cette branche d’industrie, et des progrès qu’elle a pu faire jusqu’à ce jour. Lepremier brevet, qui date de 1800, a été délivré à MM. Smith, Cuchet et Mont-fort (1). Ce système auquel les inventeurs ont donné le nom de Filtre inal-térable, tiré des trois règnes de la nature, consiste en une espèce de fontaineordinaire, de forme prismatique, conique ou cylindrique, et renfermant à10 ou 12 centimètres de fond, une première séparation en métal ou en grès,percée d’une multitude de petits trous ; un tube de 12 à 13 millim. descendle long des parois intérieures jusqu’au fond pour donner entrée ou issue àl’air, lorsqu’on remplit ou qu’on nettoie cette capacité. La plaque percéeest lutée avec l’intérieur de la fontaine et est couverte d’un tissu de laine,puis d’une couche de grès pilé de 5 à 6 centimètres d’épaisseur. Cettecouche est surmontée, selon la profondeur du filtre, d’une autre beaucoupplus épaisse composée d’un mélange de poudre grossière de charbon debois, de grès pilé très-fin et bien lavé, ou de sable de rivière ; on a le soinde comprimer ce mélange assez fortement, afin que l’eau qui la traversereste plus longtemps en contact avec le charbon. Au dessus de cetteseconde couche, on en place encore une troisième, formée comme la pre-mière de sable ou de grès pilé, de 5 à 6 centim. d’épaisseur, et enfin onrecouvre le tout d’un couvercle en grès ou en pierre, ayant la forme inté-rieure de la fontaine, et percé de 3 à h trous de 0 m 03 de diamètre sur-montés de champignons en grès, dont la tige creuse est aussi percée deplusieurs petits trous. La tête de chacun de ces champignons est enve-loppée d’une éponge, afin que l’eau, en la traversant, se débarrasse déjàdes matières qui n’y sont tenues qu’en suspension ; on a le soin de laverces éponges de temps en temps. Pour donner issue à l’air contenu dansles couches de matières filtrantes, les inventeurs ont ajouté un second petittube en plomb, semblable au précédent et allant du couvercle jusqu’à lapartie supérieure de l’appareil.
Ces dispositions, disent les auteurs, peuvent être modifiées de différentesmanières, pour les approprier à divers usages : tantôt par des cloisons inté-rieures, l’eau est forcée, lorsqu’elle est descendue en se filtrant, deremonter à travers de nouveaux filtres ; tantôt elle descend directementjusqu’au fond de la fontaine, et puis, forcée de remonter par d’autresfiltres, elle s’échappe par un robinet placé vers le milieu de cette mêmefontaine.
D’après ce procédé, MM. Smith et Cuchet donnent la description decinq systèmes de filtres, qu’ils nomment fontaine domestique, tonneaufiltre, filtre portatif, filtre marin , et enfin bidon-filtre, pour la troupe.
Ce système d’épuration a été établi dès 1806, c’est-à-dire un an aprèsl’expiration du brevet, sur une assez grande échelle, quai des Célestins, àParis , par la Compagnie royale des eaux de Seine clarifiées et épurées;
11) Ce brevet, demandé pour 5 ans, est publié dans le ton», n des brevets expirés, avec les deuxbrevets d’addition que les auteurs prirent seulement (ce qui est fort extraordinaire), en 1803, annéede l’expiration même de leur brevet primitif.