PUBLICATION INDUSTRIELLE. 253
sources artificielles, au moyen de cylindres en bois, d’où l’eau sortiracomme d’une source naturelle (I). »
Le 11 mai 1827, M. Ouarnier, de Paris , prit un brevet d’invention dedix ans pour un appareil qu’il nomme filtre clarificateur à haute pression,et qui se compose de plusieurs cuves ou caisses qui se communiquententre elles, et par suite avec un réservoir élevé. Chacune de ces cuves,exactement fermées par le haut, renferme, dans le bas, un double fond,qui sert de filtre, et formé soit en feutre , soit en étoffe de laine, de coton,de fil, etc. ; le liquide est forcé de traverser successivement ces filtres, enpassant d’une cuve dans l’autre (2).
En 1828, il a été fait à la Société d’Encouragement un rapport favorablesur le système de filtre à double courant de M. Zeni, ingénieur à Brest . Cetappareil, qui, à cette époque, a été proposé à la marine, se compose dedeux tonneaux concentriques, dont l’un, celui intérieur, défoncé aux deuxextrémités, communique par le bas, au moyen de larges échancrures avecle plus grand. Des couches de sable, de grosseur différente, sont rangéesméthodiquement dans la capacité intérieure et entre les deux vases, desorte que l’eau versée dans l’une traverse successivement : 1° le gros sable,2° du sable fin de rivière bien battu ; 3° un mélange de sable fin et de char-bon ; 4° une dernière couche inférieure de sable fin. Le liquide, en remon-tant dans l’intervalle entre les deux tonneaux, rencontre d’abord du sablefin bien tassé, puis du gros sable de rivière (3). Pour que l’eau conservée àbord des bâtiments, et qui est souvent chargée de rouille, n’engorge pas lescouches épaisses de ce double filtre, l’auteur recommande de le nettoyerune fois par semaine, sans le déranger, au moyen d’une filtration accé-lérée par toute la pression possible de l’eau élevée, et s’opérant en senscontraire à la direction habituelle.
Un rapport a également été fait à la Société d’Encouragement, en 1829,sur la fontaine filtrante de M. Leloge, de Paris , et que l’auteur nommefiltre ascendant, ou fontaine à pression continue, et à eau ascendante, fil-trant par le charbon et la pierre poreuse. Cette fontaine, qui, comme on levoit, est spécialement destinée aux usages domestiques, est divisée sur sahauteur en quatre parties inégales, celle supérieure est à peu près égaleaux trois autres : elle contient l’eau à filtrer. Sa base est formée d’unepierre non filtrante à l’angle de laquelle se trouve un conduit ou tuyaucommuniquant avec un réservoir inférieur de peu de hauteur, et qui estsurmonté de deux autres, séparés par des cloisons horizontales; la pre-mière de ces cloisons, celle inférieure, est percée de trous et couverte decharbon ; la seconde est une pierre filtrante. Par cette disposition, l’eauarrive dans le réservoir inférieur où elle opère son premier dépôt, et,poussée par celle qui vient de la partie supérieure, elle est forcée de tra-
(1) Tom. xm, pag. 255, des brevets expirés.
(2) Tom. xxxvi, pag. 44, pl. S, i d.
(3) Pag. 16 et pl. 414 du tom. xxix du Bulletin de la Société d’Encouragement.