256
PUBLICATION INDUSTRIELLE.
enlever et à l’application des portes pour faciliter le nettoyage (1). Lesinven-teurs proposent aussi d’employer les résidus qui proviennent des sub-stances dont on extrait l’huile, pour filtrer l’huile elle-même.
On peut se convaincre de notre assertion, en apprenant que les mêmesinventeurs prennent encore un troisième brevet d’invention de 15 ans, enmai 1840, pour un nouveau moyen de construire et agencer les faux-fonds,de placer et de comprimer les matières filtrantes, de manière à rendre lefiltre indestructible. Ils composent alors les plateaux en bois ou en métalde manière à recevoir chacun sur leur surface 4 petits filtres qui, formantpartie intégrante du plateau même, ne touchent pas la cuve, peuvent êtrefacilement déplacés et servir à un autre appareil lorsque le premier est usé.Les matières filtrantes, au lieu d’être maintenues entre deux simples pla-teaux, reposent alors sur deux fonds métalliques, dont l’un est formé d’unetoile, et l’autre d’une plaque percée de trous. Ces filtres peuvent être d’ail-leurs d’une forme quelconque, ronde, carrée, etc.
Nous trouvons encore dans l’année 1838, un brevet de 15 ans, délivré le22 novembre à M. Ducom, capitaine de navire à Bordeaux , pour une nou-velle espèce de filtre destiné à la purification des eaux. L’appareil, destinéspécialement à opérer sur les rivières même, consiste en une sorte debateau qui, à sa partie inférieure, porte un grand réservoir communiquantà l’aide d’un tuyau avec la rivière. Ce réservoir est surmonté d’un plateauen métal percé de trous dans lesquels viennent s’emboîter des bouts detuyaux au-dessus desquels sont placées les matières filtrantes, qui se com-posent principalement de plusieurs couches de gravier de différentes gros-seurs ; ces tuyaux sont fermés à leur partie supérieure, par des plaqueségalement percées par lesquelles sort toute l’eau filtrée, qui par la pressiontraverse ces couches; une pompe placée dans le bateau la distribue où onle juge convenable.
M. Barraud, mécanicien à Antony , obtint un brevet d’invention de15 ans, le 6 février 1839, pour la clarification, en grande quantité, de l'eauvaseuse et de tout autre liquide. Son système se compose d’une cuve conte-nant ordinairement trois filtres. La matière filtrante est le grès qui estmaintenu entre deux plateaux en bois percés de trous, dans chacun des-quels on introduit à vis des chevilles de jonc, ou de tout autre bois poreux,de 6 à 7 centim. de hauteur, et placés perpendiculairement au fond de lacuve. Si, à cause d’une forte charge ou d’une grande pression, le plateauen bois n’offrait pas assez de résistance, M. Barraud propose de placersous ce dernier plateau un autre plateau en métal percé de trous plus petits
(1) En lisant ces titres, on est tout étonné que MM. Mareschal et O aient pris deux brevets pri-mitifs pour des sujets qui sont aussi identiques ; on doit l’être d’autant plus, que ces brevets sontde ia même année, et que ce n’est pas évidemment pour proliter d’une p'us longue duree. Nousvoyons toujours avec peine que les inventeurs font :rès souvent bien des frais inuiiles qu’ils évite-raient certainement en s’adressant à des hommes spéciaux qu- s'occupent des demandes relativesaux brevets d’invention.