PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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aux puits, aux fontaines et aux usages domestiques. Suivant l’auteur, cetappareil est destiné particulièrement à rendre potable l’eau nÿdsaine quel’on tire ordinairement des mauvais puisards du département des Landes ,et qui, ayant à traverser des couches de sable rouge, en prennent la cou-leur et la saveur. Au moyen d’une pompe, on élève l’eau dans un réservoiren pierre où elle passe à travers une série de tuyaux de forme quelconque,disposés en gradins, et présentant un développement de 27 à 30 mètres,et même plus si le besoin l’exige. Ces conduits sont remplis de gravier dedifférentes grosseurs, ce qui suffit, dit l’inventeur, avec un parcours aussiconsidérable, pour filtrer l’eau la plus bourbeuse et la plus colorée.
Nous ne citons que comme mémoire le brevet de perfectionnement decinq ans, délivré, le 4 juillet 1842, à M. Béranger, de Saint-Quentin , pourson procédé de filtration et d'épuration des liquides: ce brevet vient d’êtredéchu (1).
M. Lentaigne , employé dans une fabrique de papier, à Seiches, a eunaturellement l’idée d’employer la pâte à papier pour opérer la clarificationdes eaux; il comprime cette pâte entre des plateaux percés de trous, etqu’il renferme dans des cuves. Il a pris à ce sujet un brevet de cinq ans, le12 septembre 1842; il ne donne, d’ailleurs, aucune autre explication de sonprocédé (2).
Nous avons eu l’occasion de donner, dans la 2" e édition du tome 2 me dece recueil, la description du système de filtre de M. Stuckey, de Londres ,qui emploie, pour base de la matière filtrante, Xéponge, qu’il comprimetrès-fortement entre deux plateaux percés de trous. C’est pour ce systèmeque M. Brooman a pris un brevet d’importation de 15 ans, en France , le17 août 1843. M. Brooman dit, dans ce brevet, que le degré de compres-sion de l’éponge varie suivant l’impureté du liquide, et qu’on y ajoute quel-quefois du charbon en poudre, lorsque, par exemple, l’eau est chargée dematières putrides. .
M. Testa, chimiste à Paris , obtint un brevet de cinq ans, le 18 novembre1843, pour son appareil de filtrage qui repose sur ce principe : que lessurfaces filtrantes doivent être en raison directe des volumes d’eau à filtrer;c’est pourquoi l’auteur emploie, pour multiplier les surfaces, des morceauxde flanelle convenaolement fixés à des montants en bois, de manière à for-mer un grand nombre d’auges traversées par le liquide.
Enfin le dernier brevet, que nous sachions, délivré pour les appareils defiltrage, est celui de M. Jaminet, du 2 octobre 1844. Les filtres de cetinventeur sont appliqués particulièrement aux fontaines domestiques, et se
(i) On sait que le gouvernement a le droit de faire déchoir un brevet, lorsque l'inventeur ne paiepas, à l’époque voulue, le complément de la taxe. Suivant la nouvelle loi, on doit payer parannuité, et toujours à l’avance, pour ne pas se trouver dans le cas de déchéance.
(?) Nous devons remarquer à ce sujet que souvent les de>criptions de brevet sont incomplètes,insuffisantes, que les dessins sont mal rendus , peu intelligibles , et que cependant il est du plusgrand intérêt pour les inventeurs que leurs procédés soient parfaitement explicites, pour ne pasencourir, en cas de contestation, la déchéance de leur privilège.