PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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par une cloison ou par un plateau e', semblable au précédent; celui ci estégalement surmonté d'un troisième tourteau /*, qui est véritablement lefiUreur, composé de pâte à papier et de charbon végétal en grains ; il estplacé de même entre deux disques percés, e s e\ C’est sur le dernier de cesplateaux que l’on serre le croisillon à quatre branches, au moyen del’écrou D. Ce système de filtre est applicable à la clarification de l’eau, duvin, de l’huile, etc. (t).
Ainsi, le liquide à clarifier, amené par le tuyau a, dans la partie inférieuredu cylindre enveloppe, est forcé, lorsqu’on fait jouer la pompe, de traversersuccessivement les quatre plateaux percés et les trois tourteaux de matièresfiltrantes, pour enfin s’échapper par le robinet I. La manœuvre se faitd’une manière bien simple : la tige F de son piston est suspendue à unlevier en fer forgé G, servant de balancier, et terminé par une poignée aumoyen de laquelle on le met en mouvement; ce levier a son point d’attacheen g , sur une boîte en fer rapportée au cylindre ; le guide à coulisse Hsert à l’obliger à marcher constamment dans une même ligne verticale. Lerobinet J, est placé au-dessous du fond du cylindre, pour donner issue auliquide lorsqu’on veut nettoyer le filtre, ou donner entrée à l’air.
Lorsque cet appareil est appliqué à la clarification des vins, il suffit demettre le tuyau d’aspiration dans le tonneau, de placer un récipient sousle robinet de sortie, et, en pompant, le liquide passe jusqu’à la dernièregoutte d’une pièce à l’autre après s’être clarifié. M. Tard nous a fait remar-quer que pour les alcools, il ne peut exister aucune perte, puisque l’appa-reil étant clos et le liquide n’ayant d’autre contact avec l’air que par labonde, l’évaporation doit être bien moins sensible que par les procédésactuels, qui consistent à soutirer les vins dans des brocs et de les transvaserensuite, opération beaucoup plus longue et imparfaite, car il reste tou-jours au fond des barriques une certaine quantité de vin trouble qu’onréunit dans un fût pour le coller de nouveau et le soutirer encore.
Le procédé de M. Tard a encore l’avantage de dispenser du collage desvins, opération lente, dispendieuse et souvent inefficace, et qui, de plus, ale grave inconvénient d’altérer la qualité par le mélange d’agents chi-miques, tels que les œufs, la colle, la gélatine, le sang, ou d’autres réactifsdu règne animal, dont la propriété n’est pas encore nettement définie.
Cet appareil à pompe doit être et sera sans doute, tôt ou tard, employéavec succès dans les camps, et surtout en Algérie , où les eaux contien-nent une grande quantité d’animalcules et de petites sangsues qui pro-voquent de grandes maladies, et entraînent souvent même la mort deshommes et des chevaux, comme cela s’est trop malheureusement vérifié (2).
(i) Lorsque les tourteaux ont servi à la filtration de Thuile, on les dépose dans Peau, dit l’auteur,afin que les matières qui les composent se divisent et se séparent de toute l’huile qu’elles pour-raient encore contenir; de cette sorte, on n’éprouve aucune perte.
(3) Tout te monde a, en effet, appris par les journaux les résultats déplorables qui sont arrivésen diverses circonstances à ce sujet.