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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
au moyen d’une pluie d’eau; le vide, au lieu d’être produit par une pompeà air, se fait alors par une injection de vapeur, que l’on peut faire inter-venir à volonté ; lorsque l’air est chassé, la vapeur se condense dans leréfrigérant. M. I.ouvrier a construit un grand nombre de ces appareils,auxquels i! a même apporté divers perfectionnements, qui ont été l’objetde deux brevets en 1835 et 1837 ; mais il établit de préférence maintenantles appareils du système d’Howard, avec les pompes à air (1), parce qu’ilsdonnent généralement un vide plus parfait et avec des dépenses d’eaubeaucoup moins considérables.
MM. Derosne et Cail ont apporté une modification très-importante dansle système de condenseur. Les vapeurs de leur chaudière close sont en-voyées dans une série de tuyaux, à l’extérieur desquels coule, en couchetrès-mince, un liquide tel que de l’eau ou mieux du jus, lequel liquide estexcité par l’action dissolvante de l’air à se vaporiser, et ne peut le fairequ’en empruntant à la vapeur contenue dans les tuyaux une grande quan-tité de calorique, ce qui amène la condensation de cette vapeur. Ainsi onvoit que ces constructeurs se servent de la formation d’une vapeur pourdéterminer la condensation d’une autre, ce qui les a engagés à appelerleur appareil à double effet (2). Ils arrivent, de cette sorte, à résoudre unproblème fort important, de pouvoir faire marcher leurs appareils dansles localités où l’on ne trouve presque pas d’eau (3).
Cet appareil, appliqué d’abord aux sucreries de betteraves, vient d’êtreexporté aux colonies, pour la fabrication des sucres de canne. MM. Derosne
( 1 ) Nous donnons plus loin la description et le dessin de l’un de ces appareils, que M Louvrierfils exécute avec une précision remarquable.
( 2 ) Dans le brevet d’invention de 15 ans, délivré à M. Derosne le 26 juin 1828, l’auteur proposaitd'employer une série de tubes horizontaux placés les uns au-dessus des autres, qui se touchentpresque; les sirops ou jus sucrés qu’on veut évaporer sont éparpillés sur le premier tube au moyende robinets multipliés. Chaque filet se divise en deux parties, dont chacune parcourt la demi-cir-conférence du premier cylindre; ils se réunissent sur le deuxième pour se diviser de même, et ainside suite jusqu’au dernier tube. Ce système de tubes ou de cylindres a l’avantage de présenter unetrès-grande surface dans peu d’emplacement et convient très-bien pour la concentration des jus;mais, observe l’inventeur, « lorsque les sirops deviennent épais, leur éparpillement devient plusdifficile , et ils garnissent moins la totalité des cylindres. » Dans des brevets d’addition et de perfec-tionnement, que M. Derosne prit quelques années plus tard ( en 4834 et 1835), il se base sur ceprincipe «qu’une vapeur à la tension de 76 centimètres, ou ayant seulement une température de100° centig., suffit pour mettre en ébullition un liquide aqueux qu’on a préalablement soustrait à lapression atmosphérique. Le principe posé, on conçoit très-bien que l’appareil à vapeur dans le videpourra être chauffé par la vapeur du jus bouillant dans une chaudière couverte ; mais où il n’yaurait aucune compression, cette chaudière étant elle-même chauffée soit à la vapeur par un géné-rateur fonctionnant à i, 2, 3 atmosph., soi', à feu nu. On peut combiner une fouie d’appareils pourréaliser ce principe; ce n’est pas, dit l’auteur, la disposition proprement dite de l’appareil queje regarde comme ma propriété, mais bien l’idée de produire l’évaporation dans le vide, aumoyen de la vapeur d’un jus, ou liquide quelconque, s’évaporant utilement sans qu’il soit besoinde lui faire éprouver aucune pression. »
(3) En novembre 1833, MM. Raybaud frères et O oblinrent un brevet d’invention de 15 ans, pourun appareil opérant la condensation de la vapeur avec un minimum d’eau froide. Ce brevet, dontquelques années plus tard M. Degrand est devenu le cessionnaire, avait pour objet d’utiliser l’eaude condensation comme agent réfrigérant, en faisant arriver celle eau, sous forme de pluie, dansl’intérieur d’une cheminée qui entoure le condenseur composé de tuyaux en serpentin.