ÉPOQUE DE LA RÉFORMATION
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navigateur génois, Christophe Colomb, conçut le projetd’atteindre les côtes orientales de l’Asie et l’île merveil-leuse de Zipangu (Japon), — mentionnée dans l’œuvre duVénitien Marco Polo, qui avait visité la Chine au XIII raesiècle, — en naviguant constamment vers l’ouest, et enfaisant ainsi le tour du globe. D’abord repoussé et traitéde visionnaire 1 , il réussit pourtant à obtenir la protectiond’Isabelle de Castille; à la fin, Colomb put se mettre enroute avec trois petits vaisseaux sur lesquels il n’hésitapas à s’aventurer à travers l’Atlantique. La reine luiavait promis, en cas de réussite, la noblesse pour lui etses descendants, le titre d’amiral et de vice-roi, ainsi quele dixième des revenus des pays conquis. L’amour de lascience avait en réalité une petite part dans ces expédi-tions; le besoin d’aventures et surtout le désir de s’en-richir en furent les principaux mobiles. — Colombemportait en outre des lettres de créance pour le Grand-Khan d’Asie, qu’il pensait visiter.
Parti du port de Palos, en Andalousie, le 3 août 1492,Colomb atteignit, le 12 octobre, Guanahani, l’une desBahamas, qu’il appela San-Salvador. 11 visita les autresîles de cet archipel, puis découvrit Cuba et Haïti, nom-mée dès lors Hispaniola, où il laissa un petit poste for-tifié. Il revint ensuite en Espagne. Sa découverte y pro-voqua un grand enthousiasme. Comme il croyait avoirtouché aux archipels de l’Asie, on appela ces contréesles Indes occidentales.
Dans un second voyage, Colomb emmenait avec luidix-sept bâtiments et douze cents hommes; il découvritla Jamaïque et Porto-Rico. Dans un troisième, il abordasur les côtes de la Colombie, non loin des embouchuresde l’Orénoque. Revenu à Hispaniola, il entra en conflitavec une partie des colons espagnols, qui se révoltèrent.Accusé auprès de ses souverains, il fut chargé de fers
1 « Comment, lui disait-on, vous tiendrez-vous la tète en bas ?Comment remonterez-vous la courbure du globe? »