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HISTOIRE GÉNÉRALE
le siège devant Dijon. Alors Louis XII s’empressa detraiter avec ses ennemis et leur abandonna toutes sesconquêtes.
§ 13. La victoire de Marignan livre momentanément leMilanais à François I fir (1515). — Louis XII n’avait pasd’enfants ; il laissa le trône à son gendre et cousinFrançois d’Angoulème. Ce prince jeune, chevaleresque,ami des plaisirs et avide de gloire, rêvait de reconquérirle Milanais, resté entre les mains des Suisses depuisNovare. François I er trompa leur vigilance, prit uneroute détournée et pénétra sans coup férir jusqu’enLombardie. Son armée comptait 40000 hommes, 72 groscanons et une excellente cavalerie. Les Suisses, peudésireux de se mesurer avec lui, avaient déjà entamédes négociations : ils consentaient à se retirer moyen-nant une somme de 150000 écus. Alors le cardinal Mat-
thieu Schinncr, évêque de Sion, prélat guerrier, forméà l’école de Jules II et l’un des plus zélés défenseursde la politique pontificale, les entraîna dans la bataille deMarignan.
Les Suisses, n’écoutant que leur courage, foncèrentsur les troupes françaises (13 septembre 1515); celles-ci
s’étaient établies en avant deMarignan sur un plateaubordé de marécages, auquelon ne pouvait arriver quepar trois digues où passaientles routes. Malgré la vigueurde leurattaque, les Confédérésne purent réussir à enlamerles lignes ennemies. Us souf-frirent beaucoup des déchar-ges de l’artillerie qui fauchaitdes rangs entiers. La nuitvint interrompre le combat,laissant les deux armées entremêlées. François I er reposa
Français
Fig.
13. — Plan de la bataillede Marignan.